Une sélection efficace pour la race laitière Manech tête rousse

Réussir Pâtre Mars 2012

Une sélection efficace pour  la race laitière Manech tête rousse
La race Manech tête rousse est la race la plus importante des trois races régionales laitières des Pyrénées-Atlantiques. © Gisid64

La mise en place du schéma de sélection de la race a été parallèle au développement de la filière laitière des Pyrénées-Atlantiques.

Carte d’identité

Une sélection efficace pour  la race laitière Manech tête rousse
© Gisid64

La Manech tête rousse tient son nom de la couleur de son poil roux, sur la tête et les membres. Sa toison, une laine à mèches longues, ouverte, est de couleur blanche ou roux clair. Seul le mâle est cornu. Le bélier adulte pèse environ 70 kg, la femelle 45 kg. Les origines lointaines de la Manech ne sont pas bien connues, mais elle a reçu dans les années 1950 des infusions de la race espagnole Latxa Cara Negra.www.fromagesbrebispyrenees.fr

La Manech tête rousse a été sélectionnée pour la production laitière dans des conditions difficiles, en région de montagne ou de piémont. Elle se désaisonne bien, ce qui permet d’étaler l’agnelage et donc de fournir du lait quasiment toute l’année. Avec une population totale de 265 000 brebis et plus de 5 000 béliers, elle est la race la plus importante des trois races régionales laitières des Pyrénées-Atlantiques. Sur les 1500 troupeaux, 215 sont en organisme de sélection (pour 76 000 brebis, soit environ 29 % de l’effectif) et 290 sont au contrôle laitier. 23 % des brebis sont inséminées.
L’élevage ovin laitier est une activité traditionnelle du département. Après l’influence de l’industrie de Roquefort au début du xxe siècle, qui a englobé les Pyrénées-Atlantiques pour satisfaire aux besoins de lait pour la fabrication de Roquefort, le développement de la race Lacaune dans son bassin de production a changé la donne et permis aux éleveurs basques et béarnais de développer leur propre production. Ils avaient déjà l’habitude de transformer une partie de leur production en fromage fermier, connu aujourd’hui sous le nom générique de « pur brebis Pyrénées », un fromage à pâte pressée non cuite.

Démarche active des éleveurs

Des laiteries ont donc décidé de conserver une activité, certes moindre mais existante, dans le bassin des Pyrénées-Atlantiques, en misant sur les produits traditionnellement transformés dans la région.
Malgré tout, cela n’assurait pas un débouché suffisant au regard de la production existante. Les éleveurs ont alors eu une démarche active et sont allés voir les industriels pour les inciter à produire sur le secteur en plaidant la cause du pur brebis Pyrénées. Au final, le développement d’une production de fromages de type Brebis Pyrénées a été possible.

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Appellation d’origine contrôlée

En 1978, un syndicat de défense de l’AOC a été créé pour faire reconnaître le fromage « Ossau-Iraty Brebis Pyrénées » ou « Petit Ossau-Iraty Brebis Pyrénées », démarche qui a abouti en 1981. Ce nom, trop long, fut simplifié par la suite pour devenir « Ossau-Iraty ». L’interprofession du lait de brebis des Pyrénées-Atlantiques a vu le jour dans les mêmes années.
La mise en place du schéma de sélection s’est faite en parallèle au développement de la filière laitière. Avec la contribution technique de multiples organismes, un centre de sélection et d’insémination artificielle (IA), maintenant regroupés au sein du centre départemental de l’élevage ovin et l’Upra des races ovines laitières des Pyrénées, ont été créés en 1975. Les sélectionneurs, très motivés, sont tenus par contrat à réaliser un pourcentage minimum d’IA et à donner la priorité au centre pour la vente d’agneaux issus d’accouplements raisonnés. Ils sont obligatoirement en contrôle laitier officiel, qui inclut une estimation de la quantité de lait produite par brebis, un contrôle qualitatif (TB, TP) et un comptage des cellules.
Les meilleurs agneaux issus d’accouplements raisonnés intègrent un centre d’élevage après typage au gène PrP. Une deuxième sélection est effectuée par les éleveurs de la commission raciale de l’Upra vers 3-4 mois et les meilleurs sont mis en testage au mieux à un an. A l’issue du testage, environ 20 % des béliers deviennent améliorateurs. Ceux-ci sont conservés au centre d’élevage pour diffusion par IA, les moins bons sont éliminés.

Richesse du lait

A l’heure actuelle, cinq critères de sélection sont retenus dans le schéma de sélection. Ils répondent au souhait des éleveurs mais aussi à ceux de la filière : une sélection massale est effectuée sur le standard ; le progrès génétique se mesure aujourd’hui à la fois sur la quantité de lait et la richesse du lait. En effet, la richesse du lait a été introduite depuis 2000 dans le critère de sélection avec une révision du critère en 2009, réévaluant le poids de la richesse du lait, l’objectif étant qu’elle se stabilise. Cela est passé par la prise en compte des critères qualitatifs (TB, TP) lors des contrôles de performances et par la création d’un index synthétique comprenant la quantité et la qualité du lait ; un effort est porté afin de conserver la diversité génétique via la représentation, si possible, de toutes les familles de males à l’IA. Evidemment, les mâles sont aussi sélectionnés en fonction de la résistance à la tremblante. Les races des Pyrénées-Atlantiques ont d’ailleurs été des précurseurs sur la question en raison de la forte prévalence de la maladie dans le secteur.
Pour la race Manech tête rousse, à partir de 3 000 mères à béliers, 200 mâles sont rassemblés, 140 testés et une quarantaine sont améliorateurs. L’efficacité du schéma est claire : le progrès génétique annuel moyen sur la quantité de lait sur les quinze dernières années est de quatre litres et l’augmentation de la production laitière entre 1990 et 2011 est de 100 litres, soit + 77 %.

Source : Institut de l’élevage.

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