Vente directe : Les nouvelles formes de commercialisation en circuit court

Laurence Geffroy

Des études tentent d'analyser les circuits courts, un phénomène en plein essor. De nouvelles formes de vente de proximité apparaissent avec les magasins collectifs, les Amap ou l'Internet.

La vente directe permet au producteur de se rapprocher du consommateur, tout en répondant aux nouveaux enjeux du développement durable et des économies d'énergie. Le ministère de l'Agriculture l'a compris et vient de créer un groupe de travail sur le développement de ces circuits courts de distribution et de commercialisation, comprenant l'ensemble des acteurs publics, institutionnels et professionnels concernés et qui s'inscrit dans les conclusions des Assises de l'agriculture et du Grenelle de l'environnement. Son objectif est d'identifier les freins et leviers de développement de la vente directe. Des pistes de progrès, notamment en matière de formation et de recherche, ont été évoquées par ce groupe de travail, dont les conclusions seront rendues prochainement.

Parallèlement, Educagri publie un ouvrage intitulé Les circuits courts alimentaires, bien manger dans les territoires dans lequel l'auteur principal, Gilles Maréchal, fait le point de la situation en France. Les circuits courts — en général pas plus d'un intermédiaire — couvrent toute une gamme de pratiques, depuis les plus traditionnelles comme la vente à la ferme ou les marchés forains, jusqu'aux plus nouvelles, comme les paniers ou la vente en ligne. D'après les auteurs, le circuit court est un « nouveau modèle de développement rural en rupture avec le modèle imposé après guerre » où l'agriculteur s'est consacré uniquement à la production, laissant la commercialisation du fruit de son travail en grande partie aux mains de la grande distribution.
La vente directe intéresse de plus en plus les éleveurs ovins parce qu'elle peut permettre de dégager de meilleures marges et représente une alternative aux grandes et moyennes surfaces. Mais en contrepartie, cette pratique demande plus de temps et d'investissement et donc une forte motivation. Pour un éleveur, s'engager dans la vente directe, cela signifie prendre en charge tout ou partie des étapes de transformation et valorisation de sa production. Il faut aussi apprendre à mieux connaître le produit transformé qu'est la viande. Avant de se lancer, il faut bien peser le pour et le contre et faire le calcul. Des formations peuvent être nécessaires.

S'engager en vente directe signifie prendre en charge tout ou partie des étapes de la transformation et la valorisation de sa production, et surtout peser le pour et le contre. (J.-F. Rivière)

S'engager en vente directe signifie prendre en charge tout ou partie des étapes de la transformation et la valorisation de sa production, et surtout peser le pour et le contre. (J.-F. Rivière)

 

Valorisation du métier

Une autre motivation citée par les éleveurs interrogés est la valorisation du métier que permet la vente directe. Comment mieux répondre aux attentes du consommateur qu'en le rencontrant plus fréquemment ? Un accueil à la ferme avec parfois un peu de « mise en scène » permet de rassurer, de mettre en confiance. Et si le lieu de vente est localisé près d'une grande agglomération ou sur un lieu de passage touristique, près d'un bassin de consommation, c'est encore mieux !

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Pâtre du mois de mars 2009. (R. Pâtre n°562, p.18 à 29)

Source Réussir Pâtre Mars 2009

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