Virus de Schmallenberg : une nouvelle maladie frappe les élevages ovins

Laurence Geffroy - Réussir Pâtre Mars 2012

Virus de Schmallenberg :  une nouvelle maladie frappe les élevages ovins
Les éleveurs découvrent le passage du virus dans leur troupeau au moment des agnelages. © CIIRPO

Venu du nord de l’Europe et touchant surtout les ovins, le virus de Schmallenberg inquiète les éleveurs français, à juste titre.

La menace du virus de Schmallenberg (SBV) sur les agnelages risque de planer jusqu’en mai. D’après les experts, les brebis gestantes ont pu être contaminées par les moucherons jusqu’à cet automne au pâturage. Si à l’heure où nous mettons sous presse, seule la moitié nord de la France est touchée, rien ne dit que des cas ne seront pas observés plus au sud, lorsque démarreront les agnelages plus tardifs. Car la maladie passe inaperçue sur les adultes et n’est donc constatée que lors des mises bas.

Jean Gosset est éleveur à Montloué dans l’Aisne, l’un des départements les plus touchés. « Sur cent brebis qui ont mis bas, 27 agneaux sont mort-nés », témoignait-il lors d’une réunion régionale de la Fédération nationale ovine, le 1er février, à Amiens, en présence des groupements de défense sanitaire. « On a eu d’énormes problèmes à l’agnelage, avec des difficultés à sortir les agneaux. » Ces derniers présentaient des articulations gonflées, soudées, des pattes arrières anormalement allongées, croisées. Le taux de mortalité atteint 20 % dans cet élevage, mais il peut aller parfois jusqu’à 30 % chez d’autres éleveurs. 95 % des élevages ovins de l’est de la France ont été touchés en janvier-février, avec des taux variant entre 1 et 30 % de mortalité.

D’abord observé sur des vaches

Ce nouveau virus a été identifié en novembre 2011 par un laboratoire d’analyses allemand, suite à des prélèvements réalisés dans des élevages près de la ville de Schmallenberg, non loin de Dortmund, d’où le nom donné à la maladie. Mais des troubles affectant des vaches laitières ont été observés dès août 2011 dans le nord-ouest de l’Allemagne et aux Pays-Bas. Les symptômes étaient une hyperthermie (dans certains cas supérieure à 40 °C), une perte d’appétit, une chute de la production laitière pouvant atteindre 50 %, des diarrhées qualifiées de sévères, et parfois des avortements. Le retour à la normale a été observé en quelques jours. De nombreux agents pathogènes, virus et bactéries, ont été recherchés sans succès à ce moment-là.

Agneaux

Les agneaux des mères contaminées présentent des malformations comme des pattes arrières difformes ou une machoire inférieure réduite. © P. Gosset

Quatorze départements concernés

C’est dans les élevages ovins que la maladie a refait parler d’elle en décembre 2011, en Allemagne et aux Pays-Bas, avec la naissance d’animaux malformés. Depuis le 25 janvier, elle est également présente en France, et à la date du 9 février, elle était déclarée dans 50 exploitations ovines de 14 départements : Aisne, Aube, Bas-Rhin, Calvados, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Seine-Maritime, Somme, Vosges. Cependant, des suspicions se multiplient dans d’autres départements et la situation risque d’évoluer rapidement. En Allemagne, le nombre de foyers recensés au 9 février était de 342, tandis qu’il était de 96 aux Pays-Bas, 88 en Belgique et 29 au Royaume-Uni. Mais les suspicions sont plus nombreuses. « Le virus circule seulement une semaine dans le sang, donc il est difficile de retrouver sa trace ensuite. Scientifiquement, ce n’est pas simple », expliquait Françoise Dion, vétérinaire chez Races de France, lors de la réunion du 1er février.

Le virus n’est pas contagieux d’un animal à l’autre, et il serait transmis par des insectes, un peu comme la FCO. Une surveillance a été mise en place par la direction générale de l’alimentation. Des experts de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) travaillent actuellement sur la mise au point d’un test sérologique de diagnostic. Il n’y a pour l’instant aucun vaccin.

Le ministère de l’agriculture conseille aux éleveurs dont les animaux présentent des symptômes de le signaler systématiquement à leur vétérinaire, mais demande de ne surtout pas paniquer. « Il s’agit d’une maladie infectieuse qui touche uniquement l’animal, il est peu probable que ce soit une zoonose » confirme Françoise Dion. Donc aucun risque pour la santé publique et aucune restriction mise en œuvre dans les exploitations suspectes. Cependant, la réglementation en vigueur interdit le mouvement d’animaux malades, ainsi que la collecte de leur semence et la mise à la consommation de leurs viandes et de leur lait. Il est demandé aux éleveurs d’isoler les animaux atteints si possible dans un local spécifique.

Pour en savoir plus :

www.survepi.org/cerepi
www.arsia.be

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