Acheteurs-distributeurs : Le consommateur en veut toujours plus », analyse d'Olivier Dauvers

Claudine Gérard

Invité par le CER France Côtes-d'Armor, Olivier Dauvers, éditeur et observateur de la consommation en France, a expliqué pourquoi la grande distribution ne doit pas être accusée de tous les maux…

« C'est parce que le consommateur est ce qu'il est que la distribution est ce qu'elle est », lance Olivier Dauvers, au cours de l'assemblée générale du CER France Côtes-d'Armor. « Le bonheur de vivre coûte plus cher ! Alors, forcément, le consommateur, avec un même « cash » disponible et des budgets contraints, c'est-à-dire des dépenses incompressibles (logement, etc.), va arbitrer sur le reste. » Et le reste, c'est l'alimentaire et le non alimentaire ! Et bien sûr, c'est l'alimentaire qui va devenir la variable d'ajustement ! Conséquence, l'enjeu pour la distribution est de jouer la carte du prix ou de l'image-prix. Entendez par là l'image « discount » qu'elle veut donner à son client en affichant par exemple un prix imbattable de la baguette de pain à l'entrée du magasin.

Olivier Dauvers, éditeur et observateur de la consommation en France : « C'est parce que le consommateur est ce qu'il est que la distribution est ce qu'elle est. » (C. Gérard)

Olivier Dauvers, éditeur et observateur de la consommation en France : « C'est parce que le consommateur est ce qu'il est que la distribution est ce qu'elle est. » (C. Gérard)

« Le consommateur est passé d'un jouisseur à un frustré ! » Olivier Dauvers défend la thèse selon laquelle nous disposons d'autant de moyens qu'auparavant, mais c'est notre désir d'acheter qui ne cesse d'augmenter. Le consommateur ne connaît en effet aujourd'hui en principe plus de barrières pour acquérir tous les biens de la terre. Tout est à sa portée… sauf les moyens. Et la différence entre le réel pouvoir d'achat et un « vouloir d'achat croissant » crée ce sentiment d'appauvrissement.
Jouant cette carte prix, la distribution elle-même n'a que deux leviers : diminuer ses coûts (implantation, aménagement du magasin…) et acheter le moins cher possible. Ce n'est donc pas la distribution qui est responsable des maux des producteurs. Mais le consommateur qui en veut toujours plus. En bref, dans ce contexte, les producteurs auront toujours à se battre avec les acheteurs des centrales qui sont payés pour acheter le plus bas possible. Une seule solution donc pour les producteurs, être plus fort à la vente, en créant de vraies centrales de vente, point faible des producteurs aujourd'hui.

Source Réussir Porcs Septembre 2009

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