Aliments porcelets : Peu d'alternatives aux facteurs de croissance

Claudine Gérard

Une revue de tous les essais visant à remplacer les facteurs de croissance antibiotiques par des additifs conclut que les solutions sont encore peu nombreuses.

Isabelle Oswald, chercheur à l'Inra de Toulouse a entrepris une revue de tous les essais conduits pour trouver une solution alimentaire à l'interdiction des facteurs de croissance antibiotiques dans l'alimentation du porcelet. Elle s'est principalement intéressée à 3 familles d'additifs capables de stimuler les fonctions immunitaires du porcelet (effets immunomodulateurs) : dérivés de parois de levure, extraits de plantes et sous produits animaux, essentiellement le plasma.

Beaucoup d'incertitudes

Elle conclut que, in vitro, certaines de ces substances présentent bien un effet immunomodulateur. Mais, lorsqu'il s'agit de les tester sur les animaux, via l'aliment, les choses paraissent beaucoup moins claires. Elle avance plusieurs explications. En premier lieu, les études portant sur ce sujet restent rares, disparates quant aux produits testés, leur composition, les schémas expérimentaux… D'autre part, entre les différentes étapes qui vont de la fabrication de l'aliment recevant l'additif jusqu'à l'absorption intestinale de celui-ci « une myriade d'événements peuvent réduire leur activité ». Enfin, elle constate que la teneur en principe actif, voire la nature même de celui-ci ne sont pas toujours précisées. C'est la cas pour les glucanes et les mannanes extraits des parois de levure et pour les huiles essentielles avec, pour ces dernières, le problème de leur fragilité à la granulation. Elle conclut que, actuellement, « l'additif dont l'efficacité à moduler les fonctions immunitaires et à améliorer la santé du porcelet clairement établie est le plasma animal ». Ses effets bénéfiques seraient principalement liés aux immunoglobulines mais aussi à d'autres composés non spécifiques, capables d'entrer en compétition avec les bactéries. Et elle rappelle que, pour qu'une réponse immunitaire soit réelle, elle doit contribuer à la fois à éliminer les agents infectieux, mais aussi minimiser les dommages qu'ils causent.

Pour en savoir plus

Compte rendu des Journées de la recherche porcine (JRP 2009, p 79-88)
Isabelle Oswald, Laboratoire de pharmacologie-toxicologie, Inra, Toulouse Isabelle.Oswald@toulouse.inra.fr

Source Réussir Porcs Mars 2009

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