Candidats à la production porcine : De nouvelles solutions pour financer les installations

Dominique Poilvet

S'installer en production porcine nécessite de plus en plus de capitaux. De nouvelles solutions de financement voient le jour. Entretien avec Gwénola Floc'h Penn de la Chambre d'agriculture du Finistère.

Selon les chiffres MSA relevés par les Chambres d'agriculture de Bretagne, environ 160 agriculteurs bretons s'installent chaque année sur une exploitation ayant une activité porcine. « Un chiffre qui va sans doute évoluer, puisque à partir de 2011, le nombre d'éleveurs de porcs qui atteignent l'âge de 60 ans va considérablement augmenter », souligne Gwénola Floc'h Penn, de la Chambre d'agriculture du Finistère. Par rapport aux autres productions, les installations en porc sont les plus coûteuses. « Sur la période 2003-2007, la reprise d'un élevage de porc a coûté 407 800 euros en moyenne, y compris les investissement réalisés durant les trois premières années », précise-t-elle. Un chiffre qui ne correspond pas à une taille d'atelier moyenne, tellement les structures d'exploitation sont variées. « Il faut souligner l'écart très important des capitaux à reprendre ». Autour d'une moyenne de 575 000 euros, le capital d'exploitation moyen en Bretagne varie de moins de 200 000 euros (10 % moins élevés) à plus de un million d'euros (10 % plus importants). Pour une installation, il faut donc désormais mobiliser des sommes importantes que ne possèdent pratiquement jamais les repreneurs. Les transmissions familiales posent généralement peu de problèmes, surtout depuis que la loi TEPA (1) de 2007 a augmenté les abattements pour les enfants, neveux et nièces. Le problème est plus complexe pour les transmissions entre tiers, surtout s'il y a une reprise du foncier. Différentes pistes existent, plus ou moins utilisées jusqu'ici.

Le « crédit vendeur », mis en place dans la Loi d'orientation agricole de 2006, permet un différé de paiement entre la 8e et la 12e année sur une partie du capital repris, moyennant une réduction d'impôt. Ce système est très peu utilisé, du fait du différé de paiement jugé trop long par les cédants. En revanche, les arrangements de paiement entre les deux parties pour étaler le montant sur 3-4 ans sont de plus en plus fréquent.

Capital d'exploitation moyen en Bretagne (hors foncier)

Capital d'exploitation moyen en Bretagne (hors foncier)

 

L'apport de capital par le biais d'organisations de producteurs, est peu développé, mais existe notamment dans le cadre de certaines maternités collectives. « Il faut que l'exploitant reste largement majoritaire pour qu'il préserve son autonomie et sa liberté », souligne Gwénola Floc'h Penn, qui ajoute que « cet apport de capital n'a pas vocation à être pérenne. »

Le coût d'installation en production porcine est plus élevé que celui des autres productions.

Le coût d'installation en production porcine est plus élevé que celui des autres productions.

 

Pour les exploitations de taille importante, les apports de capitaux extérieurs pourraient être regroupés au sein d'une holding. Dans cette situation, la société d'exploitation et le portage financier sont distincts. Ce montage financier a été validé depuis un an par le Crédit Agricole du Finistère, des groupements finistériens et l'Idia, une filiale du Crédit Agricole spécialisée dans le financement de l'agriculture. Ces structures financent l'exploitation en souscrivant à des obligations convertibles dans le cadre de la holding. « Cette solution n'est à retenir que si les banques ne veulent pas consentir à des prêts bancaires classiques, car les intérêts sont plus élevés de 2 % environ », prévient Gwénola Floc'h Penn. Il faut également que l'éleveur soit un gestionnaire averti et bien formé. « L'exploitation doit générer de la rentabilité afin de remonter de la trésorerie à la holding, pour financer à la fois les annuités d'emprunts et les intérêts des obligations qui la composent. » Si les résultats sont satisfaisants, les apporteurs d'obligations convertibles peuvent se retirer au bout de quelques années (7 à 10 ans par exemple). Sinon, ils peuvent devenir actionnaires majoritaires. Dans ce cas, l'éleveur n'est plus maître de ses décisions.

 

 

 

TEPA : Loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat votée en 2007, aussi surnommée « paquet fiscal ».

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs d'avril 2010. (R. Porcs n°170 , p. 16 à 31)

Source Réussir Aviculture Avril 2010

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