Chauffage : Les nouvelles alternatives

Dominique Poilvet

Il y a 5-6 ans, des entreprises nous présentaient de nouvelles alternatives aux chaudières classiques à énergies fossiles (fuel, gaz) pour abaisser les coûts de chauffage. Ces réalisations furent notamment décrites dans le numéro de Réussir Porcs d'octobre 2006. Le dossier central faisait le point sur les procédés proposés aux éleveurs pour récupérer les calories évacuées de l'élevage afin de les « recycler », avec notamment une présentation de plusieurs modèles de pompes et d'échangeurs de chaleur.

En 2009, les chambres d'agriculture de Bretagne et des Pays de la Loire et l'Ifip ont finalisé l'évaluation des performances de ces procédés. Les conclusions sont largement positives, avec des rendements qui correspondent globalement aux promesses avancées par les fournisseurs. Par rapport à un élevage qui chauffe ses salles avec des appareils électriques, les pompes à chaleur permettent de diviser la consommation énergétique par trois. Ce procédé est particulièrement bien adapté aux élevages de porcs, car les « sources » de calories sont multiples : réacteur biologique, eau de lavage d'air… Même les simples échangeurs air-eau sont performants.

L'intérêt des échangeurs de chaleur ne se limite pas à la simple récupération des calories expulsées des bâtiments par la ventilation, qui permet tout de même de réduire sa facture de chauffage de 50 %. En élevant la température de l'air entrant, ils assurent également une meilleure maîtrise de la ventilation, et donc une amélioration des performances techniques, un aspect difficilement chiffrable, mais qui constitue l'argument majeur de ceux qui l'ont adopté.

À ces procédés s'ajoutaient dans le même temps le développement du chauffage au bois dans les élevages, dont l'intérêt principal réside dans le faible coût du combustible, qu'il soit acheté ou bien autoproduit. Selon les témoignages des éleveurs qui ont choisi ce procédé, le matériel est aujourd'hui fiable et entièrement automatisé. Soutenu par l'association Aile, l'utilisation de bois comme moyen de chauffage a désormais toute sa place en élevage de porcs.

Le seul bémol à cette diversification concerne la difficulté à calculer un temps de retour sur investissement. Les procédés utilisés, la taille et les configurations des élevages sont tellement variés qu'il est quasiment impossible pour les chambres d'agriculture et l'Ifip d'annoncer une rentabilité moyenne. D'autant plus que, dans certains cas, ces procédés s'accompagnent de contraintes indirectes : nécessité de réaliser une ventilation centralisée pour récupérer la chaleur sortante, distance entre la production de chaleur et les salles utilisatrices…

Dans leur démarche de maîtrise des consommations énergétiques, les organismes de développement mettent aussi l'accent sur la diminution des pertes de chaleur dans les élevages. Optimisation de la ventilation et amélioration de l'isolation des bâtiments sont également, au même titre que la mise en place de nouveaux procédés de production de chaleur, des voies à explorer. La première calorie économisée est celle qu'on ne dépense pas… sauf si elle est récupérée.

Les rendements des nouveaux procédés de récupération de chaleur et de chauffage correspondent globalement aux promesses avancées par les fournisseurs. (D. Poilvet)

Les rendements des nouveaux procédés de récupération de chaleur et de chauffage correspondent globalement aux promesses avancées par les fournisseurs. (D. Poilvet)

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de juillet-août 2010. (RP n°173, p. 16 à 25)

Source Réussir Porc Juillet-Août 2010

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