Conduite des élevages : Alimenter les truies tout en finesse

Claudine Gérard

Dans le contexte d'hyperprolificité, l'alimentation des truies devient de plus en plus technique. Les nutritionnistes proposent de nouvelles stratégies allant jusqu'au multiphase en gestation.

Les programmes d'alimentation des truies gagnent en précision, qu'il s'agisse des formules d'aliments adaptées au stade physilogique de la truie, que des quantités à distribuer. Clairement, le but recherché par les scientifiques qui ont travaillé ce sujet est d'accompagner les reproducteurs dans le contexte d'hyperprolificité. À savoir nourrir la truie de façon à ce qu'elle « fasse carrière » et qu'elle produise des porcelets nombreux, toniques, dont le maximum pourront être sevrés.
Les progrès qu'offrent ces nouvelles stratégies alimentaires s'appuient d'abord sur une meilleure connaissance des besoins des truies, notamment pendant la gestation, et sur la maîtrise des pertes de lard et de muscle au cours des cycles. Les avis divergent parfois quant au meilleur scénario. Mais les nutritionnistes s'accordent sur le fait qu'une forte fonte musculaire est toujours préjudiciable à la truie et à sa carrière. Tandis qu'une perte de gras au cours de la lactation, tant qu'elle reste « raisonnable », est normale.
Concrètement, les spécialistes de l'alimentation des truies « découpent » à présent ces 114 jours de gestation en plusieurs phases qui correspondent à des besoins et des objectifs précis.
Le plus souvent, il s'agit d'une première phase destinée à retrouver l'homogénéité du troupeau après le sevrage et favoriser le développement des embryons, un aspect souligné par Provilys qui s'appuie sur de récents résultats de recherche.

La deuxième qui suit est une phase où les apports doivent couvrir des besoins très proches des besoins d'entretien. Tandis que la troisième phase, en fin de gestation, vise à faire naître des porcelets vigoureux et préparer la truie à une lactation abondante.
En pratique, les quantités distribuées sont « à l'appréciation de l'éleveur », en fonction de l'état corporel des truies apprécié aux ultrasons avec l'échographe, comme le recommande Inzo, ou par palpation de la hanche, comme l'a développé Thierry Solignac, de Coopagri Bretagne. Quant aux formules, le recours à deux aliments différents au cours de la gestation se justifie par les équilibres différents (principalement en lysine/énergie) nécessaires pour ces différents stades de la gestation et leurs objectifs.
Par ailleurs, les essais et les observations de terrain montrent l'importance d'un bon démarrage de la « carrière » de la truie : la première lactation s'avère déterminante, tout comme la gestion des cochettes, même si, sur ce point, les avis peuvent diverger comme en témoignent les reportages qui suivent.
Mais, globalement, les éleveurs rencontrés témoignent de l'impact évident du changement de stratégie alimentaire des truies sur leurs performances : des truies en forme, des porcelets plus toniques et des résultats GTTT toujours en progression.

Technique de la palpation de la hanche des truies pour juger de son état. (D. Poilvet)

Technique de la palpation de la hanche des truies pour juger de son état. (D. Poilvet)

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de novembre 2009. (RP n°165, p.14 à 26)

Source Réussir Porcs Novembre 2009

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