Dans les Pays de la Loire les élevages peinent à se restructurer

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Septembre 2010

Dans les Pays de la Loire les élevages peinent à se restructurer

En AG le 8 juin dernier à Angers, le Comité régional porcin des Pays de la Loire a fait le constat des difficultés que doit surmonter la production ligérienne.

A vec une production en repli de 2,4 %, l’année 2011 a été une nouvelle fois difficile pour la filière porc des Pays de la Loire. « Le prix moyen de l’aliment a augmenté de 36 % », rappelle Dominique Bellanger, animateur régional au CRP. Après cinq années durant lesquelles le prix de vente n’a pas couvert le coût de revient moyen des élevages ligériens, les trésoreries sont dans le rouge. « 40 % des élevages sont dans une situation financière fragile, et 18 % sont proches du dépôt de bilan », affirme Philippe Gendron, du CER. Mais, plus que les difficultés économiques, ce sont les entraves pour mener à bien les dossiers de restructuration des élevages qui « plombent » l’activité porcine ligérienne. « Les associations anti-porcheries sont de plus en plus présentes et de mieux en mieux structurées », constate Anne-Laure Boulestreau-Boulay, ingénieur environnement à la chambre d’agriculture. Par ailleurs, le niveau d’exigences de l’administration augmente à chaque dossier installation classée. « Pour elle, quand il y a contentieux, c’est la signature du préfet qui est remise en cause. Elle ne veulent donc prendre aucun risque. » La profession avait obtenu un accord en 2011 au niveau de la région concernant les apports de phosphore sur les plans d’épandage, en mettant en avant la notion de gestion équilibrée. « Mais l’application de cet accord est faite de manière différente selon les départements, et la peur du contentieux renforce les contraintes pour chaque dossier », souligne-t-elle.

Les éleveurs disposant d’un lien au sol sont dans une meilleure situation

Pourtant, les discussions n’ont jamais été aussi ouvertes avec l’administration, selon Dominique Bellanger. « Les dossiers sont bien préparés. Les techniciens s’investissent dans les dossiers. Les plans d’épandage sont à l’équilibre phosphore. »
Par ailleurs, les éleveurs disposant d’un lien au sol sont dans une meilleure situation financière que la moyenne. « Le lien au sol et la valorisation des céréales produites à la ferme ne peuvent qu’atténuer le poids du coût alimentaire », souligne Philippe Gendron. « Un atout de poids, sachant que depuis cinq ans, le ratio prix payé/prix de l’aliment n’a jamais été aussi défavorable aux éleveurs. Mais, pour ces éleveurs-céréaliers, quelle production doit être privilégiée ? « C’est une vraie question qui nous interpelle tous », souligne Jacques Lemaître, le président du CRP. « C’est pourquoi il devient vital pour nous de revaloriser l’image de la production porcine auprès des décideurs et du public, au moyen de portes ouvertes, d’actions de proximité ou de participations à des manifestations publiques. C’est un défi permanent que doit se lancer la production porcine ligérienne et qui passe par la mobilisation de tous les éleveurs », conclut-il.

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