De nouvelles formes d’expression de la grippe

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Décembre 2011

De nouvelles formes d’expression de la grippe
Depuis l’apparition du sous-type H1N2 à la fin des années 90, des formes récurrentes de grippe ont été mises en évidence dans les élevages du Grand Ouest. © D. Poilvet

La grippe ne se manifeste pas uniquement sous sa forme aiguë en élevage. Les vétérinaires ont mis à jour des expressions plus discrètes, mais autant pénalisantes pour les animaux.

La grippe n’affecte plus les porcs uniquement par le syndrome habituel dit « aigu », caractérisé par de la fièvre, de l’anorexie, des coups de flancs et un retour à la normale en 5 à 7 jours. Depuis l’apparition du sous-type H1N2, à la fin des années 90, des formes « récurrentes » sont mises en évidence dans les élevages du Grand Ouest. « Il s’agit essentiellement d’infections répétées sur certaines bandes d’animaux à un stade précis », décrit Gaëlle Simon, du laboratoire Anses de Ploufragan, lors du forum « Merial Flu Dating » à Ploufragan le 20 octobre dernier. Dans beaucoup d’élevages, ces infections surviennent 3 à 6 semaines après le sevrage. Cette forme de grippe est souvent associée à la présence d’autres pathogènes sur l’élevage : mycoplasme, SDRP, PCV2. « Il est possible que certaines pratiques d’élevages jouent un rôle important dans la contamination répétée des animaux », estime Gaëlle Simon. La grippe étant un virus très contagieux et facilement transmissible par voie aérienne ou par contact, les adoptions, allotements, ou mélanges d’animaux facilitent sa propagation. « La récurrence de la grippe peut aussi s’expliquer par une mauvaise acquisition de l’immunité maternelle », ajoute-t-elle. Un dispositif national de surveillance, mis en place depuis avril 2011, accompagné de programmes de recherches spécifiques, permettra de confirmer ou non ces hypothèses, et de proposer des actions pour limiter la diffusion du virus.

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Formes asymptomatiques

L’Anses a aussi mis en évidence dans certains élevages des séroconversions sans que l’éleveur ait observé de syndromes grippaux. Dans ces formes dites asymptomatiques ou frustres, les séroconversions sont étalées entre le sevrage et l’abattage, à l’inverse de la forme aiguë pour laquelle les séroconversions surviennent massivement.
Ces formes d’expression de la grippe ont aussi été observées en Espagne, où le Cresa, l’équivalent espagnol de l’Anses, suit de près l’évolution de la grippe sur le cheptel porcin. « Dans certains élevages, les porcs peuvent être atteints par la grippe sans signes cliniques évocateurs de ce virus », constate Gérard Martin, vétérinaire au Cresa. Le virus, essentiellement H1N1, se transmet lentement d’un animal à l’autre. La durée de vie des anticorps est courte, ce qui signifie qu’ils peuvent se recontaminer rapidement.

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