Des élevages très différents mais... : Les vaches Holstein et les truies hyperprolifiques se ressemblent » estime Sylvie Chastant-Maillard

Claudine Gérard

Des élevages très différents mais... : Les vaches Holstein et les truies hyperprolifiques se ressemblent »  estime Sylvie Chastant-Maillard

Sylvie Chastant-Maillard, professeur à l'Ecole Vétérinaire de Toulouse s'est livrée, lors du Reproday d'Intervet à Ploufragan, à la comparaison des truies et des vaches laitières au niveau de la production et de la reproduction. Elle résume : dans les deux cas, ces deux « athlètes » ont été fortement sélectionnées, d'où une physiologie modifiée ». Sur la truie, la sélection a porté sur la prolificité. Le gain de + 30 % en 25 ans a eu pour conséquence une augmentation de la production laitière de + 50 % en 30 ans, avec environ 280 kg de lait par lactation.
Chez la vache laitière, c'est l'inverse. La sélection a porté sur l'augmentation de la production laitière (+ 50 % en 20 ans et 9000 kg par lactation) avec pour conséquence une augmentation de la prolificité (+ 1 % en dix ans de taux de gémellité). Pour ces deux espèces, l'amélioration des performances s'est traduite par une capacité d'ingestion insuffisante par rapport aux besoins, et une forte augmentation de la mobilisation des réserves corporelles, avec des seuils à ne pas dépasser pour ne pas altérer les performances de reproduction. Ces seuils sont assez comparables : environ 10 % du poids chez la truie, 12 à 15 % chez la vache…

La truie produit trois fois plus de lait que la vache

La comparaison semble s'arrêter là, car les différences sont nombreuses. « La truie ne fait qu'une chose à la fois : elle met bas, allaite, puis vient en chaleur. La vache, elle, vient en chaleur pendant qu'elle allaite, bref, elle essaye de tout faire en même temps. Autre différence de taille : la truie produit, relativement à son poids, plus de lait qu'une vache ! Le professeur calcule : une truie de 250 kg produit environ 10 kg de lait par jour. Une vache de 750 kg produit environ 30 kg par jour. On pourrait donc considérer qu'elles ont la même capacité laitière relativement à leur poids. Mais si l'on tient compte de la concentration en matière utile du lait de truie et du lait de vache, on peut conclure que la truie en produit trois fois plus que la vache ! « Et ce lait, on ne le voit pas dans le tank. »
Autre point de divergence, la fertilité. « Alors que vous vous agitez beaucoup pour améliorer encore un taux de fécondation qui est de l'ordre de 90-95 % en porc, le taux de réussite des 1es IA n'est que de 35 % à 40 % chez les vaches laitières, avec une tendance réelle à une baisse au cours des dernières années », souligne le professeur qui suggère aux éleveurs laitiers de s'inspirer des éleveurs de porcs en se focalisant davantage sur la qualité d'élevage des génisses, trop souvent oubliées dans la recherche de solutions aux problèmes de reproduction.

Source Réussir Porcs Juillet-Août 2011

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