EARL Nusiporc et SARL Lacombe en Dordogne : 500 truies au pays du foie gras

Bernard Griffoul

L'élevage Lacombe-Nursiporc, situé dans une zone très touristique, vient de créer une fabrique d'aliment et un deuxième engraissement. Le fruit d'un climat favorable que les éleveurs ont su établir.

Le Sarladais est certainement une des régions touristiques françaises les plus réputées.
On imagine aisément qu'y faire des investissements dans la production porcine ne doit pas
être une sinécure. Pourtant, l'EARL Nursiporc et la SARL Lacombe, situées à Saint-Crépin-
Carlucet (Dordogne), tout près de Sarlat, viennent de parachever le développement de leur
élevage naisseur-engraisseur de 480 truies en créant un engraissement de 2500 places et
une deuxième fabrique d'aliment à la ferme. Fin avril, Airfaf Sud-Ouest avait convié les
éleveurs a visiter ces nouvelles installations. « Je n'aurais jamais pensé, il y a 7 ou 8 ans,
pouvoir obtenir une autorisation d'exploiter pour 500 truies naisseur-engraisseur. Ça s'est
très bien passé. Nous avons bénéficié d'un environnement très favorable localement,
administrativement et au niveau des banques », confiait Francis Lacombe, lors de cette
journée.

Anticiper les oppositions au projet

Cette acceptation du projet ne doit cependant rien au hasard car les nuisances, qui auraient
pu susciter des réactions négatives, ont été largement anticipées. Les éleveurs ont pris
conscience dès les années 1990 de la nécessité de trouver un modus vivendi entre
l'élevage et le tourisme.
De plus, l'épandage, dans cette région de petites exploitations et à forte densité d'élevages
hors-sol, posaient déjà des difficultés. « Nous avons raisonné une façon collective de traiter
nos effluents d'élevage », explique Francis Lacombe. Il s'est associé avec un autre éleveur,
Gérard Teillac, pour créer une station de traitement qui reçoit le lisier de trois sites. Élaboré
en étroite concertation avec les collectivités territoriales, le projet a bénéficié d'un taux élevé
de subvention (70 %). Elle est en service depuis 1997, l'investissement s'élevait alors à 500
000 euros. « Si nous n'avions pas raisonné ce problème d'épandage, nous n'aurions pas pu
nous développer et il n'est pas certain même que nous ferions encore du porc. La station
est bien acceptée. C'est une solution qui a nous a permis de régler le problème de
l'épandage à moindre coût », assure Francis Lacombe. Il se souvient encore de la surprise
qu'a créé ce projet dans les services du ministère de l'Agriculture, lorsqu'il allait le défendre,
alors qu'au même moment « les Bretons refusaient les mises aux normes ».




« Ce large consensus » établi autour de ce projet avec toutes les parties prenantes du
territoire, outre le soutien financier, a créé un climat favorable au développement de
l'élevage.
Jusqu'en 2006, celui-ci comprenait un site de naissage et post-sevrage (EARL Nursiporc)
et un site d'engraissement de 1800 places avec sa propre fabrique d'aliment (Sarl
Lacombe). L'unité de naissage est une ancienne maternité collective reprise en 1995 par la
famille Lacombe et rénovée. Il y a 2 ans, les associés (Nadine et Francis Lacombe, Didier
Leblatier) ont décidé d'engraisser la totalité des porcs pour notamment permettre
l'installation de Guillaume Lacombe, effective depuis ce printemps. Ils ont créé un
engraissement de 2500 places sur le site de la maternité ainsi qu'une fabrique d'aliment à la
ferme. Jusqu'alors, le site Nursiporc était approvisionné en aliment industriel. Avec les 2
sites, l'élevage a aujourd'hui une capacité de 480 truies, conduite en 7 bandes à 28 j, et,
avec 4300 places d'engraissement, il peut engraisser tous les porcelets ; il emploie 2
salariés. La SARL livre sa production au groupement Périgord Porc (Label porc au grain du
Sud-Ouest et jambon de Bayonne). L'élevage est également multiplicateur pour la société
PIC (il produit 3000 cochettes Camborough 15 par an). L'exploitation est spécialisée dans la
production porcine – elle ne dispose que de 20 ha de SAU (avec maïs et noyers), mais les
Lacombe ont également développé une activité touristique de gîtes ruraux.



Le site de l'unité de naissage Nursiporc sur lequel sont construits un engraissement de 2500 places et une fabrique d'aliment avec silo tour pour le stockage du maïs humide inerté. (B. Griffoul)

Le site de l'unité de naissage Nursiporc sur lequel sont construits un engraissement de 2500 places et une fabrique d'aliment avec silo tour pour le stockage du maïs humide inerté. (B. Griffoul)

 

2700 tonnes d'aliment

La nouvelle fabrique d'aliment a été prévue pour produire 2700 tonnes d'aliment par an : 620
tonnes pour les truies, 280 tonnes pour les porcelets et 1800 tonnes pour les porcs
charcutiers du nouvel engraissement, alimentés en soupe. Pour cet engraissement, les
éleveurs ont choisi de travailler avec du maïs humide qu'ils achètent dans la région, ce qu'ils
ne font pas sur le site plus ancien. Il est stocké en grains entiers inertés dans un silo tour
métallique d'une capacité de 800 tonnes.

La fabrique de l'aliment sec pour le naissage et des complémentaires porcs charcutiers a
été aménagée dans un hangar de 384 m2 avec un système pneumatique pour la reprise
des matières premières et l'expulsion de l'aliment fini et un bon stockage (710 tonnes). Une
fabrique performante, d'un coût élevé, mais qu'il faut mettre en relation avec les quantités
fabriquées. L'investissement total atteint 372 500 euros, soit un coût de revient de 11 euros
par tonne d'aliment fabriquée avec un amortissement sur douze ans. Avec du maïs (173
€/t) et du blé (170 €/t) achetés à la récolte et avec un contrat correct sur le tourteau de soja
48 (283 €/t), le coût matières premières des formules porcs charcutiers se situaient ce
printemps entre 205 et 210 euros par tonne. « Nous avons des marges de progrès mais,
aujourd'hui, nous nous posons des questions parce que nous avons investi lourdement. Si
le prix des céréales et le cours du porc restaient au niveau où ils sont aujourd'hui, nous
serions très rapidement en grosse difficulté. Il va falloir très vite retrouver de meilleurs
équilibres », s'inquiétait néanmoins Francis Lacombe.

 

Source Réussir Porcs Septembre 2008

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