Efficacité et confort de travail, la santé avant tout

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Janvier 2013

Efficacité et confort de travail, la santé avant tout
Les prolongateurs et les aiguilles fines permettent de réaliser facilement les vaccinations sans stress pour les truies logées en groupe. © D. Poilvet

La Chambre d’agriculture de Bretagne a recensé les points critiques qui impactent la santé des éleveurs et des salariés en élevage. Des solutions existent pour améliorer les conditions de travail tout en améliorant la productivité.

T ravailler dans de bonnes conditions n’est pas un luxe, c’est même essentiel pour préserver la santé des éleveurs et des salariés, et accessoirement pour améliorer les résultats techniques. Une évidence mise en avant par la Chambre d’agriculture de Bretagne qui a organisé courant novembre quatre réunions sur ce thème.

1 - Soins aux porcelets : optimiser l’organisation et privilégier les bonnes postures

Le regroupement des soins est le principal moyen pour limiter le temps de travail et la pénibilité des tâches en maternité. L’idéal étant de travailler à plusieurs, une spécialisation de la main-d’œuvre étant le meilleur moyen de gagner du temps. Une approche différente peut parfois se révéler utile, comme par exemple le remplacement du fer injectable par de la poudre orale, ou bien l’arrêt de l’épointage des dents par une surveillance de l’état des mamelles. La manipulation des porcelets nécessite avant tout une posture adaptée pour éviter les troubles musculo-squelettiques. Le principal danger qui guette l’éleveur ou le salarié est le mal de dos, induit par des positions penchées sans appuis. L’idéal est de travailler assis, ou bien debout mais droit. Pour cela, il faut trouver des solutions permettant d’avoir les porcelets à portée de main sans se plier.

2 - Truies en groupe : un meilleur confort de travail mais des pratiques à adapter

Selon une enquête réalisée par la Chambre d’agriculture de Bretagne auprès d’éleveurs ayant passé leurs truies gestantes en groupe, les normes bien-être ont considérablement changé leur manière de travailler. La corvée de raclage a été supprimée, mais les truies nécessitent plus de surveillance. D’où la nécessité d’aménagements facilitant l’accès aux animaux, comme des passages d’hommes. Les DAC ont l’avantage d’automatiser le marquage et le tri des animaux en situation spécifique : détection des truies en chaleur, non-consommation de la ration programmée, perte de la boucle… La vaccination des truies est plus facile du fait d’un moindre risque de se faire coincer entre l’animal et les tubulaires. Le matériel permet désormais de réaliser l’injection sans provoquer de douleur à la truie. La vermifugation nécessite par contre une adaptation, soit en passant au traitement de masse par l’aliment, soit en la reportant en maternité ou en verraterie.

3 - Tenir compte de l’animal dans ses déplacements

Les animaux sont plus faciles à déplacer si on tient compte de leur comportement. « Le porc est curieux et émotif, un élément inconnu le perturbe », souligne Marie-Estelle Caille, ingénieur à la Chambre d’agriculture de Bretagne. C’est pourquoi un groupe est plus facile à déplacer plutôt qu’un individu seul. Des obstacles ou une transition brutale entre l’ombre et la lumière peuvent entraver leur progression dans les couloirs. La conception des bâtiments est bien sûr primordiale, avec des circuits de circulation cohérents et pas trop longs entre les salles. Enfin, à défaut de faire marcher les animaux, il est toujours possible de transporter : chariot à verrat pour la détection des truies en chaleur, caddies de supermarché pour les soins aux porcelets en maternité, remorque ou chariot pour les transferts.

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La buse Fitjet limite les douleurs articulaires grâce à une pression moins élevée et une lance plus courte qu’une rotabuse haute pression. © D. Poilvet

4 - Des solutions pour des lavages moins pénibles

Le lavage des salles accumule beaucoup de contraintes biomécaniques qui agissent négativement sur le corps humain : des efforts constants au niveau des épaules et des poignets, un travail long, des postures parfois extrêmes pour atteindre les zones difficiles d’accès. Le tout dans une ambiance saturée en eau, propice aux douleurs articulaires. Des mesures permettant d’atténuer la pénibilité du lavage existent : prétrempage et utilisation de détergents, postes fixe pour limiter la manipulation du matériel, utilisation d’aménagements intérieurs spécifiques (caillebotis relevables, matériaux lisses…). Les robots de lavage constituent la solution idéale, à condition d’avoir les salles adaptées.
Le lavage avec des buses moyenne pression a été étudié de près par les MSA bretonnes, qui voient en cet équipement une alternative intéressante à la haute pression. En divisant par trois à la force d’impact, la pénibilité du lavage diminue fortement. Les bruits et les éclaboussures sont également atténués. La lance, beaucoup plus courte (30 à 40 cm), se manipule plus facilement. Une technique encore peu répandue en élevage de porcs, mais qui pourrait se développer avec une meilleure prise en compte de la pénibilité du travail.

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