Emploi en secteur porcin : Des salariés motivés !

Claudine Gérard

L'enquête réalisée par Réussir à laquelle employeurs et salariés ont répondu confirme que les salariés des élevages porcins sont, dans l'ensemble, motivés et satisfaits. Mais il existe des leviers pour entretenir ou développer cet état d'esprit.

C'est une évidence, les résultats issus de l'enquête que Réussir a proposée en février ne sont pas représentatifs de la « population » des employeurs et des salariés. Il est facile de comprendre que ceux qui ont pris la peine de répondre sont particulièrement attentifs à cette question de la motivation au travail en élevage. Ces précautions prises, nous pouvons toutefois faire ressortir des éléments de réflexion intéressants sur le sujet.
Premier constat, les salariés qui ont répondu à l'enquête sont très majoritairement motivés puisque, répondant sur cette question, ils se disent pour moitié « très motivé » et pour autre moitié « motivé ». Les employeurs confirment. Ils jugent en grande majorité leurs salariés « motivés ». Plus en détail, employeurs et salariés se rejoignent sur les sources de motivation : les conditions de travail et la rémunération arrivent en tête, suivis de « la relation avec l'employeur » citée en troisième position par les salariés, et « la responsabilisation » avancée comme troisième critère de motivation par les employeurs.

Quant à savoir ce qui les motiverait davantage, les réponses sont très variées. Un salarié estime que ce serait « un porc à 1,30 €, tandis que, pour un autre, ce serait » d'excellents résultats techniques.
Au registre des conditions de travail, salariés et employeurs portent quasiment le même jugement. D'une manière globale, les employeurs jugent que celles-ci sont « bonnes ». Les salariés le confirment puisque, invités à noter ces conditions de travail entre 0 (mauvaises) et 5 (excellentes), ils sont 75 % à choisir les note 4 ou 5 !
Plus en détail, très majoritairement, les tâches annoncées comme les plus pénibles sont le lavage, la castration, et les déplacements d'animaux. Curieusement, les salariés considèrent majoritairement qu'il n'existe pas de solution pour rendre ces tâches moins pénibles. Tandis que certains employeurs avancent des pistes qu'ils ont ou qu'ils entendent parfois mettre en oeuvre, notamment en matière de lavage.

Les solutions proposées sont un bon trempage, des postes fixes, voire un robot. Un employeur souligne que, pour rendre le lavage moins pénible, il fait parfois appel à des prestataires de service, sinon, il s'attache à faire laver « à tour de rôle, dirigeants compris ! ».
Quant à la castration, plusieurs émettent l'idée de s'équiper d'un bon chariot de soins. Un salarié propose aussi la castration chimique. En revanche, aucune piste n'est avancée pour faciliter le déplacement des animaux.
Certains employeurs ou salariés ont aussi jugé que la vaccination, l'insémination ou le tri des porcs étaient des tâches parmi les plus pénibles. Diverses solutions plus ou moins réalisables sont avancées : la vaccination dans l'aliment, l'utilisation du Gédis…

Des horaires et des salaires convenables

En matière de rémunération, la grande majorité des salariés se disent « satisfaits » de leur salaire. Beaucoup d'employeurs ayant répondu déclarent, en plus du salaire, avoir mis en place un dispositif supplémentaire de rémunération : PEE, primes, chèques cadeaux, avantages en nature… et, dans cet échantillon, très peu ne s'en tiennent qu'au simple salaire.
Les salariés se déclarent à 100 % satisfaits de leurs horaires de travail (autant de réponse « très satisfait » que « plutôt satisfait »).

Employeurs et salariés se rejoignent sur les sources de motivation : conditions de travail et rémunération arrivent en tête. (C. Gérard)

Employeurs et salariés se rejoignent sur les sources de motivation : conditions de travail et rémunération arrivent en tête. (C. Gérard)

 

Se former avec d'autres salariés

En revanche, les réponses concernant la formation font moins l'unanimité. Si les 2/3 des salariés ayant répondu se disent satisfaits des formations qu'ils reçoivent, les autres se déclarent insatisfaits, principalement… parce qu'ils n'en reçoivent jamais ! Plusieurs émettent le souhait de se former avec d'autres salariés, et, généralement, ce qu'ils attendent, c'est du concret : « le point sur les nouvelles techniques, tous postes confondus », « du concret, pas de discussions, des échanges avec des collègues »…
À l'inverse, les employeurs ayant répondu ont quasiment tous suivi une formation au management des salariés : groupes de travail, centres de gestion, formation par le groupement…

Quasiment tous les employeurs se disent prêts à impliquer davantage leurs salariés dans les décisions techniques de l'élevage et beaucoup précisent que les GTT et GTE constituent la base de prises de décisions. Or, à la question « souhaiteriez vous être davantage impliqué ? », les salariés répondent majoritairement « non », mais, le plus souvent, parce qu'il s'estiment déjà largement impliqués dans ces prises de décisions ! « Mais pourquoi pas les impliquer encore plus ? », suggère un éleveur qui emploie trois salariés tandis qu'un autre, qui emploie un salarié, se dit prêt à ce que celui-ci prenne des parts dans sa société.

 

 

 

 

 

Source Réussir Porcs Avril 2008

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