Emploi : L'élevage porcin au féminin

Claudine Gérard

Longtemps considéré comme un métier masculin, l'élevage porcin se féminise au point de tendre vers la parité. Regards sur des expériences de femmes qui prouvent qu'elles y ont toute leur place, et qu'on aurait tort de les cantonner aux maternités.

Près d'un travailleur sur trois en élevage porcin est une femme. Et, selon Gilles Burel, de l'AEF 29, on pourrait rapidement tendre vers la parité. Le phénomène est d'autant plus évident que la proportion de femmes qui s'inscrivent dans une démarche de reconversion professionnelle, en particulier dans le secteur de l'élevage, est de plus en plus importante, et que plus d'un candidat sur deux est une femme. De plus, comme en témoigne Gilles Burel, il est aujourd'hui quasiment impossible de trouver un salarié d'élevage masculin, qualifié et disponible.
Progressivement, les différents obstacles à la féminisation du métier se sont levés. Obstacles psychologiques d'abord, et physiques aussi. Il s'agit simplement de trouver des solutions, aménagements, équipements, qui rendent les tâches moins physiques, donc moins pénibles pour les femmes, mais aussi pour le personnel masculin ! Comme pour toute entreprise, les élevages peuvent bénéficier d'aides financières de l'Etat pour adapter les postes au personnel féminin, et faciliter leur embauche ou leur prise de responsabilité dans l'élevage. Les chefs d'exploitations ignorent le plus souvent ce contrat de mixité qu'ils peuvent souscrire avec leur salariée. Pourtant, il pourra utilement être utilisé, en particulier pour la première embauche d'une femme et permettre bénéficier de ce qu'elles peuvent apporter à l'élevage : sans doute plus de soin, de patience que des hommes, mais aussi une autre ambiance au sein de l'équipe, comme le souligne Jean-Jacques Merret, responsable de la section employeur à l'Union Prestor Cecab.

Autre signe des temps, les employeurs ne cantonnent plus les femmes aux postes de maternité. Elles peuvent aujourd'hui occuper toutes les autres fonctions, y compris en verraterie gestante, avec prélèvement des verrats. Encore rares, il existe aussi des élevages où le personnel est exclusivement féminin.
La parité en élevage est-elle donc quasiment gagnée ? Dans les élevages, on y tend, mais dans les instances « politiques », il reste bien du chemin. Encore très peu de femmes occupent des postes à responsabilité au sein de leurs coopératives ou groupements de producteurs. Les conseils d'administration, bureaux, comités de toute sorte restent étonnamment masculins. Et les quelques femmes qui ont réussi à s'impliquer dans leur structure témoignent de l'organisation qu'elles doivent mettre en place pour concilier leurs différents métiers, dans l'élevage, dans la famille et dans la profession. Mais cette difficulté, il n'y a pas que dans le secteur de l'élevage qu'elles y sont confrontées.

Les élevages peuvent bénéficier d'aides financières de l'État pour adapter les postes au personnel féminin. (C. Gérard)

Les élevages peuvent bénéficier d'aides financières de l'État pour adapter les postes au personnel féminin. (C. Gérard)

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de juin 2010. (R. Porcs n°172, p. 16 à 25)

Source Réussir Porcs Juin 2010

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