Etude Ceva Santé Animale et Gènes Diffusion : Infertilité d'été : il n'y a pas que la chaleur

Dominique Poilvet

Une étude réalisée sur cinq ans par le laboratoire Ceva, sur la base des données d'échographie de Gènes Diffusion, démontre que même s'il ne fait pas excessivement chaud, les truies sont moins fertiles en été.

Selon une étude réalisée à partir de 610 000 données d'échographies réalisées dans 266
élevages par Gènes Diffusion tous clients de 2003 à 2007, le laboratoire Ceva Santé
Animale démontre que le taux de fertilité des truies diminue systématiquement chaque été,
quelles que soient les conditions climatiques. Pour les bandes saillies entre fin juillet et début
septembre, le taux moyen de truies pleines sur les cinq dernières années est descendu à
moins de 81 %, alors que la moyenne annuelle de l'échantillon est de 85 %. Ce phénomène
se produit dans les mêmes proportions dans quatre régions définies par l'enquête, pourtant
très différentes d'un point de vue météorologique (Finistère, Est Bretagne, Nord-Pas de
Calais et Pays de la Loire). « En moyenne, l'écart de fertilité entre les bandes d'hiver et
celles d'été est de 5 à 6 % », souligne Vincent Auvigne de la société Ekipaj qui a réalisé
l'étude pour Ceva.
Pour étudier le lien entre les conditions météorologiques et le taux de fertilité des truies,
Vincent Auvigne a relevé les températures enregistrées sur ces cinq dernières années par
des stations météo situées dans les zones où se situent les élevages. Elles lui ont permis
de montrer que la chute de fertilité des truies en été se produit même si les températures
estivales ne sont pas élevées. « C'est notamment le cas pour l'été 2007 qui a été
particulièrement frais, mais durant lequel la fertilité n'a pas été meilleure que lors des années
normales », analyse Vincent Auvigne.




Le problème de la baisse de fécondité estivale n'est toujours pas résolu, malgré de meilleurs connaissances sur la physiologie des truies et l'amélioration de leurs conditions de logement. (D. P.)

Le problème de la baisse de fécondité estivale n'est toujours pas résolu, malgré de meilleurs connaissances sur la physiologie des truies et l'amélioration de leurs conditions de logement. (D. P.)

2003, année exceptionnelle

Cependant, l'année 2003, caractérisée par une canicule estivale importante, fait figure
d'exception. « Durant cet été, il existe une corrélation très nette entre les températures
élevées et le faible taux de truies pleines, notamment dans le Finistère », souligne-t-il. La
canicule(1), a provoqué une baisse plus prononcée du taux de truies fécondées (76 % sur
certaines semaines). Plus précisément, les pics d'infertilité sont survenus sur les bandes
inséminées entre 3 et 5 semaines après les périodes de chaleur. « En revanche, il ne
semble pas y avoir d'impact sur les bandes saillies durant les semaines de canicule, ou les
semaines précédentes. » Pour Vincent Auvigne, cette étude démontre bien qu'on ne peut
attribuer l'infertilité d'été à la seule chaleur estivale, hormis les épisodes exceptionnels de
canicule. « Il faut donc explorer d'autres pistes, notamment le photopériodisme », conclut-il.

Pou en savoir plus

Voir article complet dans Réussir Porcs de juillet-août 2008 (n°151, p. 28 et 30)/

(1) Les jours de canicule sont caractérisés par une température maxi supérieure à 32°C, et
par une température mini qui ne descend pas sous 18°C.

Source Réussir Porcs Juillet-Août 2008

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