Etude Ifip : Difficultés à l'export : surtout un problème de valeur

Claudine Gérard

Jan Peter Van Ferneij, ingénieur d'études à l'Ifip, explique que l'export souffre de problèmes de volume, mais surtout de difficultés de valorisation des pièces.

On nous le dit depuis des mois : la crise économique mondiale empêche la remontée annoncée des cours du porc à cause des difficultés à exporter. Or les données communiquées par Jan Peter Van Ferneij montrent que les volumes exportés se sont globalement tenus au 1er trimestre, mais que les difficultés tiennent surtout à la valorisation des pièces, à une concurrence entre bassins de plus en plus forte, et l'obligation de trouver de nouveaux débouchés. Globalement, la France exporte environ 25 % de sa production, soit environ 700 000 tonnes de porc par an, les 2/3 vers des pays de l'UE, le reste vers les pays tiers. Or les exportations de pièces d'octobre 2008 à mars 2009, comparées à la même période de 2007-2008 ne se sont pas effondrées. Au total, elles ont même augmenté de 4 %. Les autres produits (saucisses, lard, graisses…) se sont aussi bien tenus à l'export. Du moins en volume. Car la valorisation n'a pas été au rendez-vous.

L'économiste souligne que la crise partie de Wall Street a atteint l'Europe centrale avec des effets importants sur l'économie et la consommation. Il cite l'exemple de la Russie, dont 60 % des revenus venaient du pétrole, qui n'a plus aujourd'hui les moyens d'importer autant de viande qu'avant la crise. « Tous les pays d'Europe de l'Est ont été touchés par la dévaluation de leur monnaie. Chez nos principaux clients à l'export, nous sommes devenus trop chers ! » À ce problème de parité des monnaies s'ajoute celui des assurances de crédit, la difficulté pour les entreprises d'obtenir des couvertures. « Au final, les entreprises les plus solides, face au besoin de vendre, ont baissé leurs prix. Les volumes partent, mais avec une mauvaise rentabilité », témoigne-t-il, en précisant que les produits à haute valeur ajoutée étant devenus de plus en plus difficiles à exporter, c'est la valorisation globale de la carcasse qui est pénalisée.

Jan Peter Van Ferneij, Ifip : « Chez nos principaux clients à l'export, nous sommes devenus trop chers ! » (C. Gérard)

Jan Peter Van Ferneij, Ifip : « Chez nos principaux clients à l'export, nous sommes devenus trop chers ! » (C. Gérard)

 

Concurrences amplifiées

Les autres bassins porcins européens vivent le même scénario. Les exportations de produits du porc vers les nouveaux États membres de l'UE ont chuté de 14 % à 16 % aux Pays-Bas et au Danemark. Et dans ce marché à la baisse, les concurrences entre pays exportateurs se trouvent bien sûr amplifiées.
Ce constat dressé, quelles sont les perspectives pour les mois à venir ? « Il n'y a jamais eu autant de facteurs d'incertitude », résume Philippe Lecouvey, directeur de l'Ifip.

Evolution des monnaies (Base 100 en 2007)

Evolution des monnaies (Base 100 en 2007)

 

Exportations françaises de pièces (source : Ifip-GTE-TM)

Exportations françaises de pièces (source : Ifip-GTE-TM)

 

(Source : Ifip-GTE-TM)

(Source : Ifip-GTE-TM)

 

Source Réussir Porcs Juillet-Août 2009

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