Filière porcine au Québec : Trois questions à Jean-Guy Vincent, président de la FPPQ

Claudine Gérard

Jean-Guy Vincent, naisseur-engraisseur à Sainte-Séraphine, dans la région des Bois-Francs (Québec), est président de la FPPQ (Fédération des producteurs de porcs du Québec) depuis février 2007. Il nous commente l'actualité porcine québécoise.

Jean-Guy Vincent, naisseur-engraisseur à Sainte-Séraphine : « Nous croyons encore en une mise en marché collective, mais elle doit être renouvelée. » (C. G.)

Jean-Guy Vincent, naisseur-engraisseur à Sainte-Séraphine : « Nous croyons encore en une mise en marché collective, mais elle doit être renouvelée. » (C. G.)

Quelles sont les préoccupations des éleveurs québécois aujourd'hui ?

Comme ailleurs, nous devons faire face à une crise qui dure depuis maintenant 30 mois. À cela s'ajoute le questionnement sur le soutien de l'État à la production, tout à fait d'actualité puisque le rapport de Michel Saint- Pierre a été publié il y a juste quelques semaines et prévoit la disparition progressive de l'assurance stabilisation du revenu agricole, l'ASRA.

Comment réagissez-vous aux propositions de M. Saint-Pierre ?

Je pense qu'il est nécessaire que l'État soutienne l'activité agricole. Tous les gouvernements le font d'une manière ou d'une autre. Nous comprenons toutefois que ce soutien doit s'ajuster en fonction du contexte économique, mais nous devons constater que, dans cette période de crise, les gouvernements injectent des milliards dans des secteurs économiques. Le secteur agricole aussi doit en profiter, sachant qu'il maintient une activité économique dans toute la région. Les producteurs de porcs québécois souhaitent tirer le maximum de leur revenu sur les marchés et un minimum d'intervention de l'État mais nous croyons que ce n'est pas en pleine crise que le soutien aux producteurs doit être remis en cause. Le gouvernement va à présent discuter avec l'Union des Producteurs Agricoles (UPA) et nous devrons nous entendre pour septembre sur les mesures de soutien à l'agriculture pour les productions non contingentées comme le porc, le boeuf, l'agneau, les céréales… Je pense que si la crise est réelle, la demande en viande va augmenter dans les années à venir. C'est pourquoi il est aujourd'hui indispensable de maintenir notre activité pour être prêts à répondre à la demande mondiale croissante.

Quelle est votre position quant à la fixation du prix du porc au Québec ?

Notre système de mise en marché collective, l'encan, a 20 ans maintenant. Mais depuis quatre ans, nous constatons qu'il tire toujours plus le prix vers le bas. Le contexte a changé. Nous croyons encore en la mise en marché collective mais nous sommes conscients qu'elle doit être renouvelée. Nous sommes actuellement en pleine négociation pour l'obtention d'une entente de mise en marché avec les acheteurs. Nous souhaitons pouvoir travailler en partenariat avec tous les intervenants de la filière car nous sommes dans un marché mondial, de libre-échange. Les Américains sont nos premiers concurrents à l'export. C'est la raison pour laquelle nous sommes en train de négocier une nouvelle convention avec nos abattoirs pour que nous soyons payés au prix américain !

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de juin 2009. (R. Porcs n°161, p. 14 à 30)

Source Réussir Porcs Juin 2009

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