Fusions de coopératives : Nous sommes aux côtés des filières, pas contre elles »

Claudine Gérard

Les coopératives la Paysanne d'Erquy (22) et Le Garun (35) viennent de fusionner. Trois questions au nouveau président, Jean-Luc Cade.

Qu'est-ce qui a motivé la fusion de vos deux coopératives ?

maintenir une activité agricole sur la Bretagne, puisque notre secteur d'activité est reconnu sur les quatre département bretons et les cantons limitrophes. Nous nous inscrivons de plus dans une démarche économique, avec la volonté d'apporter à chaque éleveur l'aide à une reflexion stratégique qui l'aide à se projeter dans l'avenir. Enfin, nous sommes résolument engagés dans une agriculture écologiquement productive. Et c'est un modèle que nous défendrons.

Jean-Luc Cade, président de la cooperative Garun Paysanne. (C. Gérard)

Jean-Luc Cade, président de la cooperative Garun Paysanne. (C. Gérard)

Plus précisement, quel est l'intérêt économique de cette fusion ?

Aujourd'hui, il faut acquérir une dimension critique pour pouvoir exister. Cette dimension bretonne, avec deux outils distants de 63 km nous permet de conserver une proximité avec les adhérents. Ces outils ont tous les deux des atouts incontestables : une saturation de l'ordre de 80 % qui laisse encore une marge de progression, des coûts de fabrication à la tonne très compétitifs, des capacités de stockage sur place… Nous avons une belle carte à jouer avec la redistribution de la logistique, principal coût, mais aussi de l'informatique, des structures centrales.

Votre nouvelle coopérative aura pour activité essentielle la fabrication d'aliment du bétail (400 000 tonnes par an) dont l'essentiel pour les porcs.

Comment allez-vous vous positionner face à des coopératives plus importantes et plus impliquées en filières ?

Sur ce positionnement, nous sommes très clairs. Notre « cible » est celle d'éleveurs qui tiennent à assumer leurs choix. Des « petits capitaines d'industrie » en quelque sorte. Notre ambition est de les aider à être autonomes, à rester des décideurs. Mais je tiens à souligner que nous ne nous positionnons pas contre les filières amont-aval. Nous sommes résolument aux côtés de ces filières et nous devons associer nos forces plutôt que les opposer. Je pense que notre démarche, exclusivement en amont, doit être perçue comme une complémentarité de l'offre qui est faite aux éleveurs, et pas comme une concurrence stérile.

Source Réussir Porcs Février 2010

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