G20 : Un plan d'action pour lutter contre la volatilité des prix agricoles

Hervé garnier

Fin juin se réunira le G20 agricole. Il sera précédé d'une réunion de 150 organisations agricoles. Objectif : mieux gérer les marchés et éviter les crises alimentaires.

La volatilité des prix des matières premières agricoles a été multipliée par trois sur les 20 dernières années et s'est accrue sur la période récente.
Cette forte volatilité pénalise les consommateurs et les producteurs agricoles, du Nord comme du Sud, et fragilise davantage les plus pauvres.

L'indice des prix alimentaires mondiaux a reculé pour la première fois en mars après huit mois consécutifs d'augmentation, selon les données de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Au mois de mars, l'indice des prix alimentaires s'est établi à près de 230 points, soit un repli de 2,9 % par rapport à février, mais il reste toujours en forte hausse, de 37 %, comparé au niveau du mois de mars 2010.

Développer des réserves humanitaires d'urgence

L'indice des prix des céréales, qui ont enregistré une forte volatilité en mars, était proche des 252 points, en recul de 2,6 % par rapport à février, mais encore supérieur de 60 % à mars 2010. “La production céréalière mondiale de 2010 a chuté, entraînant une contraction des stocks, tandis que l'utilisation totale de céréales devrait atteindre un niveau record en 2010-2011”, explique la FAO.

“Si la plupart des indications suggèrent un accroissement de la production céréalière en 2011, la croissance projetée pourrait ne pas suffire à reconstituer les stocks, auquel cas les prix demeureraient soutenus tout au long de 2011-2012.” Toujours selon les experts de la FAO, “les faibles niveaux de stocks, les incidences des événements du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord sur les cours du pétrole, et les effets de la catastrophe au Japon sont autant de facteurs qui contribuent à l'incertitude et à la volatilité des prix des mois à venir.” La question cruciale de la constitution de stocks est plus que jamais d'actualité.

Dans les années 1970, pour les grands pays producteurs de céréales, elle était un outil efficace de régulation des marchés. Les effets de la libéralisation des marchés font, qu'aujourd'hui, quasiment aucun pays, à l'exception de la Chine, ne constitue de stocks. Reviendra-t-on à ce type de régulation des marchés ? Sûrement pas et cela pour des raisons budgétaires, car la régulation par le stockage coûte très cher. La France, dans le cadre du G20 qu'elle préside jusqu'en novembre 2011, propose “de développer des réserves humanitaires d'urgence prépositionnées, en lien avec le Programme alimentaire mondial”.

Selon Bruno Le Maire, il s'agit “de définir des instruments de protection et d'assurance pour les pays importateurs de matières premières agricoles, de limiter les restrictions aux exportations, par exemple au bénéfice de l'aide alimentaire d'urgence ou des pays les plus vulnérables”.

 

Une FAO “plus forte”

Depuis l'automne, ministère de l'Agriculture, Matignon, Association française des marchés financiers (Amafi), Assemblée nationale, Paris Europlace et Autorité des marchés financiers ont travaillé sur la régulation des marchés des matières premières agricoles.

Le dernier rapport est élaboré par neuf organisations internationales (dont OCDE, FAO, Banque mondiale, OMC, Cnuced, Ifpri…) dans le cadre de la discussion préparatoire du G20 des ministres de l'Agriculture des 22 et 23 juin à Paris. Ce document préparatoire préconise “d'améliorer la transparence des marchés à terme, de renforcer le partage d'information entre les gouvernements (sur les stocks nationaux de produits de base comme le blé) et d'harmoniser les politiques commerciales”.

De son côté, le ministre de l'Agriculture française, en charge de ce lourd dossier du G20, se dit serein. Véritable ministre “globe trotter”, il arpente les quatre coins de la planète. Après un déplacement à Moscou, avec Christine Lagarde, pour rencontrer son homologue russe élena Skrinnik, il s'est envolé en fin de semaine dernière pour le Brésil. Lors de ce déplacement, il a cité “quatre directions” dans lesquelles la France et le Brésil souhaitent avancer ensemble : “une plus grande transparence sur les stocks mondiaux agricoles”, la création d'un “mécanisme de réaction rapide” en cas de crise agricole, un soutien aux pays les plus fragiles et une “régulation du marché financier qui traite des matières agricoles”.

La France souhaite faire adopter par les ministres du G20, puis par les chefs d'État à la fin de l'année, un plan d'action pour “lutter contre la volatilité des prix agricoles” et éviter les crises alimentaires.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
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Source L'Union du Cantal

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