Georges Douguet, CER France, Côtes-d'Armor : Les cours à venir dépendront des exportations »

Claudine Gérard

Au cours de la restitution annuelle des résultats du CER France Côtes-d'Armor à Plérin, le 5 juin dernier, Georges Douguet a expliqué pourquoi la hausse des cours du porc tant attendue dépendra des volumes à l'export.

L‘équilibre du prix du porc dépend de trois facteurs, la production, la consommation et l'exportation. La production s'oriente aujourd'hui à la baisse et la consommation de viande porcine reste bien orientée, notamment en France. La sortie de ces deux années de crise du porc dépendra donc plus fortement du niveau des exportations. C'est l'analyse faite par Georges Douguet, du CER France Côtes-d'Armor. Il rappelle qu'en 2008, les exportations européennes (UE à 27) vers les pays tiers ont atteint des niveaux records : 2,5 millions de tonnes, soit + 33,5 % par rapport à 2007 ! « C'est en grande partie ce qui a provoqué la hausse de 15 centimes du cours du porc. » Principale raison de ce record de 2008, la mise en place des restitutions qui ont porté sur 456 000 tonnes.
Aujourd'hui, la crise économique mondiale met à mal ce débouché qui contribue à l'équilibre du prix du porc. Celui-ci sera fortement dépendant du niveau d'exportation vers les pays tiers, ceci sans restitutions. Mais qui peut prédire ce qui se passera ? « Les trois premiers mois de l'année n'ont pas été trop mauvais. Mais c'est maintenant que ça se passe. » Les échanges au sein de l'UE sont aussi très perturbés par la crise économique, notamment vers les anciens pays de l'Est.

Georges Douguet : « En deux ans, la perte moyenne est de 90 à 100 000 euros pour un élevage de 200 truies. » (C. Gérard)

Georges Douguet : « En deux ans, la perte moyenne est de 90 à 100 000 euros pour un élevage de 200 truies. » (C. Gérard)

Autre inconnue pour les mois à venir, celle du prix de l'aliment. Avec 193 €/tonne en avril, il a probablement atteint le point bas. Et même s'il reste à ce niveau, Georges Douguet rappelle que la rentabilité de la production ne se fera pas via le seul prix de l'aliment. Il faudra une remontée significative des cours pour que les trésoreries s'améliorent. Pour les exercices clôturés à ce jour, l'endettement est en moyenne de - 780 €/truie. « - 400 €, ça va. Mais - 780 €, c'est beaucoup trop. Il va falloir que les éleveurs puissent se désendetter. » Pourtant, jamais la technique n'a été aussi bonne. Tous les paramètres s'améliorent, et Georges Douguet calcule que, avec aujourd'hui 2100 kg de carcasse produits par truie en moyenne, c'est un gain de plus de 350 kg par truie depuis 1999 ! « Ces progrès techniques payeront en sortie de crise. » Une sortie de crise dont personne n'ose plus pronostiquer la date.

L'équilibre du prix du porc dépend de trois facteurs (Source : CER)

L'équilibre du prix du porc dépend de trois facteurs (Source : CER)

 

 

Trésorerie nette globale par truie (Source : CER)

Trésorerie nette globale par truie (Source : CER)

 

Source Réussir Porcs Juillet-Août 2009

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