L’étiquetage de l’empreinte carbone des viandes est prévu pour 2013

Claudine Gérard - Réussir Porcs Juillet-Août 2012

« La conduite  de l’élevage et la performance technique sont donc les leviers majeurs de réduction  de l’empreinte carbone de la production porcine. »
Theun Vellinga, centre de recherche de Wageningen, Pays-Bas. © C. Gérard

La FAO et l’OIV (1) ont signé un accord visant à standardiser au niveau mondial les méthodes d’évaluation de l’impact environnemental de l’élevage. Ce partenariat se basera sur les connaissances déjà acquises, afin de « créer une tribune où pourra avoir lieu un débat raisonnable, juste et avisé », déclarait le représentant de la FAO. Si l’idée est louable, son application pose de nombreux problèmes. Car les connaissances acquises à ce jour se heurtent à l’extrême complexité des calculs, puisqu’il faut tenir compte de la multitude d’étapes de production de la viande, allant de la culture des céréales, prairies… avec un impact majeur des apports d’engrais sur l’empreinte carbone, jusqu’à la distribution des produits carnés chez le consommateur, et leur « destruction finale »….
Des difficultés supplémentaires viennent s’ajouter, comme l’a décrit Stewart Ledgard, professeur à l’université d’Hamilton, en Nouvelle-Zélande, prenant pour exemple la production d’un gigot d’agneau. Quelle unité retenir pour évaluer la production de gaz à effet de serre ? La quantité par kilo de produit, par kilo de protéine ? Deux options qui conduisent à des résultats bien différents quant à l’impact environnemental comparé de la production d’un kilo de pommes, de viande ou de lait… Par ailleurs, comment prendre en compte la production de coproduits tels que la laine du mouton qui a produit le gigot ?

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L’émission majeure des gaz à effet de serre est liée à la fertilisation des cultures pour alimenter les animaux

Ces réserves faites, le professeur montre que, globalement, les émissions de gaz à effet de serres liées à la production de viande viennent à 80 % de la phase « élevage », le transport, la transformation et la consommation (cuisson…) ne représentant au final que 20 % de l’impact. Cette prédominance du stade élevage est essentiellement liée à l’aliment nécessaire à la production, donc aux cultures et aux engrais azotés qui sont appliqués. Alors que les ruminants sont avant tout des producteurs de méthane en raison des fermentations de leur rumen, les porcs, eux, sont surtout source de N2O et de CO2 en relation avec les déjections et l’aliment.

L’indice de consommation est le levier majeur pour réduire l’empreinte carbone de l’élevage porcin

Plus en détail, Theun Vellinga, du centre de recherche de Wageningen, aux Pays Bas, calcule que les émissions de gaz à effet de serre sont très variables entre espèces, mais aussi au sein d’une même espèce. Ainsi, les émissions de CO2 sont de 80 à 180 kg eq CO2 par kilo de protéine pour la viande bovine contre 20 à 70 kg pour la viande porcine et 20 à 40 kg pour les œufs.
Chez le porc, compte tenu de l’impact de l’aliment sur l’empreinte carbone, l’indice de consommation explique en grande partie les variations observées. C’est aussi la raison pour laquelle la production porcine des pays de l’UE émet beaucoup moins de CO2 que celle des pays émergents. « La conduite de l’élevage et la performance technique sont donc les leviers majeurs de réduction de l’empreinte carbone de la production porcine », conclut-il.

(1) Office international de la viande

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