L’impact du progrès technique en chiffres

Claudine Gérard - Réussir Porcs Janvier 2012

L’impact du progrès technique en chiffres

Au cours de la Journée régionale porc de Bretagne qui s’est tenue le 23 novembre, Caroline Depoudent, Crab, et Brigitte Badouard, Ifip, ont présenté la situation économique des élevages bretons et l’impact de l’amélioration des performances techniques.

Réduire l’indice est toujours payant

L’impact du progrès technique en chiffres

Le gain est directement lié au gain d’indice et au prix de l’aliment. Dans les conditions extrêmes, avec un prix moyen de l’aliment de 260 euros/tonne et un gain de 0,2 point d’indice, il atteint près de 7 euros pour 100 kilos de carcasse. Contrairement à la productivité, ce gain est indépendant des performances initiales et s’applique quelque soit le niveau « de départ ».

L es principaux leviers pour améliorer le résultat économique des élevages sont connus : la productivité des truies, l’indice de consommation sevrage-vente et la plus-value des porcs.
Caroline Depoudent, ingénieur à la chambre d’agriculture de Bretagne, a chiffré l’impact de ces différents critères, sachant que pour certains, le gain dépend de la situation de départ. Plus celle-ci est médiocre, plus les améliorations des performances sont « payantes ».
Ceci est d’autant plus important que les élevages présentent toujours des écarts de performances importants. Quel que soit le contexte économique, les écarts de marge sur coût alimentaire restent à un niveau d’environ 400 €/truie entre le tiers supérieur et le tiers inférieur, comme le montre Brigitte Badouard, économiste à l’Ifip. Elle calcule que 2/3 des écarts de marge s’expliquent par des différences de performances techniques, ce qui justifie que ce thème ait été largement abordé au cours de ces 11es Journées régionales porc.

Viser le cœur de gamme et réduire l’hétérogénéité est une stratégie gagnante

L’amélioration la plus intéressante financièrement est celle qui consiste à améliorer le pourcentage de porcs dans la gamme et dans le cœur de gamme.  Gagner un point de TMP ne rapporte pas la même plus-value selon le TMP moyen de départ, mais surtout selon, le niveau d’homogénéité des porcs.

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L’impact d’un porc de plus par truie dépend de la conjoncture

À condition bien sûr que le parc bâtiment permette d’accueillir des porcs supplémentaires, l’augmentation du nombre de porcs produits par truie entraîne un gain variable selon les prix respectifs de l’aliment et du porc.
Les porcs supplémentaires apportent un gain lié aux kilos de carcasse vendus, donc dépendant du poids et du cours. Mais ils induisent aussi une dépense en aliment dont le niveau est directement lié à l’indice de consommation et au prix de l’aliment sevrage-vente. Ainsi, selon les niveaux de prix retenus (aliment sevrage-vente à 190 ou 260 €/t et IC entre 2,5 et 2,6, Caroline Depoudent calcule que ce coût est compris entre 53 et 74 € par truie et par an. Il reste que le gain net reste évidemment intéressant : avec des prix d’aliments extrêmes entre 190 et 260 €/tonne, un prix du porc de 1,294 à 1,309 €/kg, le gain d’un porc supplémentaire sera compris entre 38 et 69 €/truie et par an, et ce gain est d’autant plus important que la situation de départ est médiocre. Ainsi, pour une même conjoncture de prix d’aliment et de cours du porc, passer de 20 à 21 porcs produits par truie procure un gain de 3,70 €/100 kg de carcasse, tandis que passer de 24 à 25 porcs produits procure un gain de 3,11 €/100 kg.
De son côté, Brigitte Badouard, se basant sur les GTE de Bretagne, calcule qu’en 2010, par rapport à la situation moyenne des naisseurs-engraisseurs bretons, produire un porc de plus par truie présente et par an permet d’améliorer la marge sur coût alimentaire et renouvellement de 60 €/truie, sous réserve évidemment de disposer des places nécessaires.

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