La relance de la filière porcine exige des restructurations

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Juin 2012

La relance de la filière porcine exige des restructurations
Le rapport de la CGAAER préconise la création d’ateliers « hight-tech » de taille suffisante pour être en capacité de maîtriser l’ensemble de leurs rejets et d’appliquer les techniques les plus performantes pour prévenir les nuisances environnementales. © D. Poilvet

Un rapport des services du ministère de l’Agriculture estime qu’il est possible de produire en France 27 millions de porcs en 2015 (25 millions actuellement) au prix d’évolutions structurelles importantes.

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Le CGAAER(1) a pour mission d’assister les ministres en participant à la conception, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques. Il participe à la modernisation de l’action publique, à la mesure de la performance des services centraux et déconcentrés ainsi que des établissements publics, et il veille au bon emploi des ressources publiques. Il est présidé par le ministre de l’Agriculture.

(1) Conseil général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces ruraux

Selon un rapport publié le 9 mai dernier par le CGAAER  intitulé « quel avenir pour la filière porcine française », l’objectif ambitieux de produire 27 millions de porcs à l’horizon 2015 est réaliste. Cet objectif ne pourra être atteint qu’au prix d’évolutions structurelles radicales de la filière.

Développement en périphérie des zones à haute densité porcine

À commencer par le maillon de la production, « qui devra s’organiser sur la base d’ateliers high-tech, de taille suffisante pour être en capacité de maîtriser l’ensemble de leurs effluents et d’appliquer les techniques les plus performantes pour prévenir les nuisances environnementales ». Ces nouveaux élevages doivent être créés le plus possible en lien avec le sol. C’est pourquoi le développement de la production devra se faire essentiellement en périphérie des zones de forte densité, qui disposent d’outils d’abattage performants et où le dynamisme de la production subsiste. Pour les régions à forte concentration porcine, les restructurations devront être autorisées, sous réserve d’une fertilisation azotée et phosphorée équilibrée. Là où les capacités d’épandage sont limitées, « il faut organiser la transformation, en grande quantité, des lisiers en amendements organiques ou en composts normalisés de manière à créer un flux économique d’exportation vers les zones céréalières ». Enfin, les zones éloignées du Grand Ouest devront miser sur une production différenciée du porc standard, « principalement en Aquitaine et Midi-Pyrénées autour de la production de jambons de Bayonne, en s’appuyant sur les coopératives céréalières ». Les zones montagne (Massif Central, Franche Comté) ont aussi une carte à jouer « en consolidant le maillon abattage-découpe ».

Un aval plus compétitif

Mais ce développement devra également se faire le plus possible « en concertation avec les entreprises d’aval pour s’assurer de la bonne valorisation commerciale des produits ». Le rapport met ce secteur au cœur de ses préconisations. « L’industrie de l’abattage manque de compétitivité », estime-t-il. « La restructuration de ce maillon de la filière est moins avancée en France que dans les pays du nord de l’Europe ». La première mesure pour améliorer sa compétitivité consisterait à « réduire les surcapacités d’abattage, notamment en Bretagne ». En ce qui concerne les écarts de coût de main-d’œuvre en Europe, les auteurs du rapport estiment qu’ils ne pourront être résolus que par une décision politique nationale d’abaissement des charges sociales.

Dynamiser les exportations

Les objectifs optimistes du rapport se basent sur les perspectives de croissance importantes des marchés mondiaux. « Il faut donc dynamiser l’exportation de produits de première et de deuxième transformations. »
Et pourquoi pas développer des implantations industrielles et commerciales pour consolider les positions françaises dans l’Union européenne, notamment dans le sud. Sur le marché intérieur, la démarche VPF doit être enrichie, « pour en faire un équivalent du « QS » allemand(1) ». Le dialogue avec la distribution, le renforcement des liens entre l’abattage et les outils français de seconde transformation sont également des pistes à privilégier. Mais l’objectif de 27 millions de porcs ne pourra être atteint que si l’image de la production porcine auprès du grand public s’améliore par une communication puissante. « Les efforts réels accomplis dans la maîtrise des rejets doivent être mieux connus et les préjugés combattus », conclut le rapport.

      
(1) Le QS est un référentiel allemand destiné aux denrées alimentaires animales et végétales. Il s’agit d’un contrôle complet depuis l’exploitation jusqu’au distributeur.

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