La salive, un bon moyen de détecter la grippe en élevage porcin

Claudine Gérard - Réussir Porcs Octobre 2012

La salive, un bon moyen de détecter la grippe en élevage porcin
Claudio Trombani, vétérinaire à la Selas Breizhpig, a présenté les résultats de diagnostic de la grippe au moyen de la Sanicorde à la SCEA de Kerguevarec au dernier Congrès IPVSen Corée du Sud, en juin dernier. © C. Gérard

La technique de prélèvement de salive au moyen d’une corde placée dans la case et la mesure des anticorps de cette salive, déjà validée pour la
détection du circovirus, est aujourd’hui aussi validée pour le virus de la grippe. Claudio Trombani, vétérinaire à la Selas Breizhpig, en a fait la démonstration dans plusieurs élevages, dont la SCEA Kerguevarec et chez Henri De Thoré, SARL de Menez Kamp, à Spézet, dans le Finistère. Dans le premier élevage, les prélèvements de salive et les analyses ont été réalisés en parallèle d’écouvillonnages nasaux de porcelets dès le 1er jour d’apparition des symptômes grippaux. Sachant que les écouvillons nasaux ne donnent des résultats satisfaisants que si le porc est fiévreux, donc au tout début de l’infection, une seule série de prélèvements a été réalisée ce jour J0, tandis que la salive a continué à être prélevée à J+2, J+4 et J+6. Résultat du test  : les écouvillons prélevés le jour de l’apparition des symptômes ont permis de confirmer la présence du virus. Les prélèvements de salive aussi, mais, plus intéressant, sur les prélèvements effectués aussi les jours suivants. « Ceci nous montre que la salive est un moyen plus efficace pour mettre en évidence la présence du virus, notamment lorsque nous ne pouvons pas intervenir le jour même de l’apparition des troubles », commente le vétérinaire. « Avec la salive, les virus sont encore détectables six jours après le début de l’infection. » Preuve a donc été faite dans cet élevage où la grippe revêtait une forme aiguë.
Mais la méthode a aussi montré son intérêt dans le cas de forme subclinique chez Henri De Thoré. « Lors d’un passage de toux persistante en PS, mon vétérinaire a réalisé des PCR sur sérum et sur des écouvillons nasaux pour savoir si le virus du SDRP ou de la grippe pouvaient en être la cause.
Les deux tests se sont révélés négatifs », détaille l’éleveur.

 Lors d’un 2e passage identique, dès que les animaux ont commencé à tousser, Claudio Trombani a proposé le protocole de détection de la grippe dans la salive à l’aide des cordelettes Sanicorde. « Des écouvillons ont à nouveau été réalisés en parallèle, et le résultat s’est encore avéré négatif, alors qu’ils étaient réalisés en phase précoce des symptômes. »

Un outil très simple et, de plus, respectueux du bien-être des animaux

À l’inverse, les résultats sur salive prélevée par les cordelettes (dans les mêmes cases que les prélèvements nasaux) ont bien conduit à confirmer la présence du virus grippal H1N1. « Je pense que ce travail mené par la Selas Breizhpig intervenant pour Aveltis, en collaboration avec la commission santé, a permis d’améliorer le diagnostic grâce à un outil très simple et, de plus, respectueux du bien-être des animaux car non stressant. A titre personnel, je souhaiterais que la Sanicorde puisse servir à la détection d’autres pathogènes, notamment le SDRP, afin de mieux comprendre comment il circule dans l’élevage », espère Henri De Thoré.

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