Label Rouge : Des nouveaux bâtiments pour les porcs fermiers d'Auvergne

Dominique Poilvet

Pour relancer la production des porcs fermiers d'Auvergne Label rouge et trouver de nouveaux producteurs, l'Association de promotion des viandes du Centre (APVC) mise sur la création de bâtiments semi-ouverts avec accès à des parcours.

Romuald Pougner est installé avec son père depuis cette année sur la commune de
Bessay-sur-Allier (03). Pour compléter l'élevage bovin existant, il a décidé d'investir dans un
bâtiment de 600 places d'engraissement en wean to finish pour produire du porc fermier
d'Auvergne Label rouge. Les porcs disposent d'un accès à des parcours à partir de 15
semaines d'âge, une obligation imposée par le cahier des charges. Ils sont trois éleveurs de
porc fermiers d'Auvergne à avoir déjà choisi ce mode de logement, pour une production qui
s'était jusqu'ici développée avec des cabanes en tôles ondulées comme mode de logement.
« Un bâtiment permet de travailler sans être soumis aux aléas climatiques », justifie
Romuald Pougner. Un argument que reprend Ghislain Coutré, éleveur de porcs fermiers
d'Auvergne depuis cinq ans (voir Réussir Porcs janvier 2005). « Les cabanes sont une très
bonne solution pour démarrer, à l'image de ce qui a été fait pour les truies en plein air, qui
avaient permis à des jeunes de s'installer sans investir lourdement. Mais les installations,
soumises aux aléas du climat et aux animaux, se dégradent vite. Nous devons donc
investir rapidement dans des bâtiments si on veut pérenniser la filière. »

Les porcs sont logés sur du caillebotis partiel. Un accès aux parcours est obligatoire à partir de 15 semaines d'âge. (D. Poilvet)

Les porcs sont logés sur du caillebotis partiel. Un accès aux parcours est obligatoire à partir de 15 semaines d'âge. (D. Poilvet)

Le cahier des charges du porc fermier d'Auvergne impose des contraintes d'âge (182 jours
à l'abattage), de poids (entre 75 et 105 kg de carcasse) et de TMP (entre 56 et 64). Les
équipements choisis par Romuald Pougnier devraient lui permettre d'atteindre ces objectifs
pour un maximum de porcs : une bascule située dans le couloir central, une chaîne
d'alimentation avec un automate permettant le multiphase et le rationnement des animaux,
et des cases de 25 places pour optimiser l'allotement et faciliter le tri lors des départs. «
Techniquement, il est possible de dégager des performances techniques proches des
bâtiments conventionnels », estime Jean-Luc Théveniot, technicien MC Porcs. Dès leur
arrivée à 8 kg, les porcelets sont logés au chaud dans le bâtiment. Les accès aux parcours
sont fermés. Après 15 semaines d'âge, ils peuvent sortir, mais aussi s'abriter du mauvais
temps. « Avec ces bâtiments, nous n'avons plus d'effet saison, qui dégrade les indices de
consommation des lots d'hiver logés en cabanes ».

Les porcs sont logés sur du caillebotis partiel. Un accès aux parcours est obligatoire à partir de 15 semaines d'âge. (D. Poilvet)

Les porcs sont logés sur du caillebotis partiel. Un accès aux parcours est obligatoire à partir de 15 semaines d'âge. (D. Poilvet)

 

Le bâtiment de Romuald Pougner est conçu pour fonctionner en wean to finish. L'éleveur
reçoit des lots de 150 porcelets toutes les six semaines. « Le wean to finish est
techniquement très bien adapté à cette production », souligne Jean Luc Théveniot. Le vide
sanitaire de huit semaines imposé pour le parcours est réalisé pendant la phase de
démarrage des porcelets dans le bâtiment. Il n'y a donc besoin que d'un seul parcours par
lot d'animaux rentrés dans le bâtiment, contre deux dans un système classique où les
porcelets rentrent à 25 kg.
Ce nouveau mode de logement des porcs fermiers d'Auvergne représente aussi une
garantie de pérennité sur le long terme pour la filière. Un argument développé par Hélène
Daviet, animatrice à l'Association de promotion des viandes du Centre (APVC) qui gère le
label. « Nous manquons actuellement de viande de porcs label rouge », déplore-t-elle. Une
préoccupation forte, d'autant plus que beaucoup de producteurs partiront à la retraite l'an
prochain. « Si nous ne trouvons pas de nouveaux éleveurs, la production risque de
diminuer », prévient-elle. Les arguments financiers sont attractifs : une plus-value fixe de
0,382 €/kg en complément de la plus-value technique, sur un prix de base bloqué à 1,55
€/kg au minimum pour toutes les carcasses labellisées. Chez Romuald Pougnier, le taux de
labellisation du premier lot est de 85 %. Sur la facture, le prix payé ne devrait pas être
éloigné de 2 euros/kg de carcasse !



Chaque case de 25 porcs dispose d'un parcours spécifique. (D. Poilvet)

Chaque case de 25 porcs dispose d'un parcours spécifique. (D. Poilvet)

 

Les porcs fermiers d'Auvergne en chiffres

38 éleveurs
21 567 porcs labellisés en 2007 (taux de labellisation : 78 %) ;
Trois groupements (MC Porcs, Copalice et Scapp) ;
7 fabricants d'aliment habilités ;
2 abattoirs dans l'Allier (Hassenforder à Vichy, Sicaba à Bourbon l'Archambault) ;
200 points de vente sur l'est de la France.

Source Réussir Porcs Novembre 2008

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