Le Grand Sud à la recherche d'un nouveau souffle

Dominique Poilvet

La production porcine des régions du Sud de la France a fortement diminué. Des débouchés existent, mais les plus-values qu'ils apportent ne suffisent pas à couvrir les coûts de production.

En 2010, un peu plus de 3 millions de porcs charcutiers et 64 000 truies de réforme ont été abattus dans 33 abattoirs des six régions du Grand Sud de la France(1). Ce volume représente 12 % de la production nationale. Mais depuis le début des années 2000, ces régions ont perdu près de 20 % de leur production, alors que celle du reste de la France ne baissait que 3 %. C'est en Rhône-Alpes et en Midi-Pyrénées que la chute a été la plus sensible, alors que l'Aquitaine et les régions Auvergne-Limousin ont limité l'érosion à – 6, - 7 %.

En parallèle, les abattages se sont maintenus. Ils sont même en légère progression depuis 2007 (+ 0,3 %). « Il y a des bassins de consommation importants à proximité qui maintiennent l'activité des abatteurs et des transformateurs », soulignait Thierry Rousseau, de l'interprofession Midiporc, lors des secondes rencontres porcines du Grand Sud à Montauban le 13 avril dernier.

De ce fait, 72 % seulement des porcs charcutiers abattus sont originaires de la zone Grand Sud, et cette proportion ne cesse de diminuer. 4 % des porcs viennent notamment de Bretagne, et 3 % de l'étranger.

porc1

Signes de qualité en progression

Les abattages sont également soutenus par des signes de qualité reconnus et en progression : porcs label, jambon de Bayonne, salaisons d'Auvergne, de Lacaune, produits de montagne… Ces produits apportent de la plus-value aux éleveurs. Mais elles ne peuvent pas compenser à elles seules les handicaps qui pénalisent le maillon de la production. « Un maillon durablement affecté par la crise qui sévit depuis quatre ans », constate Yves Da Ros, président de l'interprofession Midi-Pyrénées. L'une de ses conséquences est le vieillissement des bâtiments d'élevage. Ils ne permettent plus d'atteindre les niveaux de performances imposés par le marché et la concurrence. « L'obligation réglementaire de loger les truies gestantes en groupe en 2013 est l'occasion d'envisager une réorganisation complète des élevages pour améliorer la cohérence des places, les conditions de travail, les résultats techniques et l'insertion dans son environnement proche », espère-t-il.

porc2

Pôle de compétence interrégional

La profession ne baisse pas les bras et met en place des outils pour relancer une dynamique régionale. À Villefranche-de-Rouergue, dans le département de l'Aveyron, l'Ifip et la chambre d'agriculture ont créé en 2006 le pôle de compétence interrégional GIE Villefranche Grand-sud. Ce pôle assure notamment la gestion d'un élevage de référence de 140 truies naisseur-engraisseur, utilisé pour des expérimentations et des formations en plus de son rôle de référence technique pour la filière. Deux ans après sa mise en service, les résultats techniques sont excellents, « preuve qu'avec des bâtiments neufs et bien conçus, il est possible de produire du porcs dans de bonnes conditions », souligne Robert Granier, responsable de la station. « Toute la filière est résolument inscrite dans un objectif de performance », ajoute Yves Da Ros. « Mais pour redonner confiance aux éleveurs, il faudra aussi que les élevages retrouvent de la valeur ajoutée par la valorisation de leurs produits, afin de leur assurer une juste rémunération et garantir leur pérennité ».

porc3

(1) Chiffres fournis par les interprofessions des six régions Aquitaine, Midi-Pyrénées, Limousin, Auvergne, Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon.

La région Paca ne possède pas une production porcine significative.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires