Le porc basque renaît, avec l’AOP en ligne de mire

Raphaël Lecocq

Pierre-Yves Pollet encadre 70 producteurs de porc basque au sein de l’association Aldudes

Menacé d’extinction il y a 20 ans, le porc basque pourrait bien être la première race porcine à décrocher une AOP en France. Le résultat d’un partenariat inédit entre producteurs et transformateurs.

Au début des années 90, le ministère de l’Agriculture déclare le porc basque en voie d’extinction. L’histoire de la race, remontant au Moyen Age, avec le roi de Navarre qui prélevait un cinquième – Kintoa en Basque - des effectifs allait-elle s’arrêter là ? Quelques éleveurs ont un sursaut d’orgueil et rassemblent les derniers spécimens dans un élevage de conservation avec le soutien de Pierre Oteiza, charcutier transformateur.

20 ans plus tard, la race est portée par plus de 70 éleveurs, 400 reproducteurs sont identifiés, 5000 porcs gambadent dans la vallée d’Aldudes. Deux nouveaux transformateurs ont rejoint l’association chargée de défendre et de promouvoir la race, quelques éleveurs transforment à la ferme et vendent en direct. 

L'AOP dans 2 ans ?

La race n’est pas seulement sauvée. Elle génère de l’activité et de la valeur ajoutée. « Le porc basque est un parfait complément aux brebis laitières, déclare Pierre-Yves Pollet, animateur de l’association Aldudes. Il valorise les sols ingrats, réclame peu de surveillance et contribue au revenu de l’exploitation à hauteur de 25 à 50 % ». L’association estime que la production pourrait doubler sans peine, les débouchés étant assurés soit en direct, soit par les transformateurs.

Le porc basque est clairement un tremplin à l’installation des jeunes agriculteurs dans le département des Pyrénées Atlantiques, déjà bien placé en matière d’installation. L’association a réussi à inscrire le porc basque dans le cursus des Bac Pro délivrés dans les établissements des Pyrénées-Atlantiques. Pour couronner le tout, un dossier AOP, déposé en 2001 auprès de l’Inao, entre dans sa dernière ligne droite. « Nous avons une race de terroir historique, issue de générations et de générations d’éleveurs, élevée et affinée en plein air sur un temps long de 18 mois, marquée par l’influence des vents venus d’Espagne et de l’Océan », argumente sans relâche Pierre-Yves Pollet. Le précieux sésame pourrait être décroche d’ici à deux ans. Ce serait une première en France.

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