Les éleveurs face aux attentes de la société : Savoir communiquer sur le bien-être et le valoriser

Véronique Bargain

l'occasion du Space, Coop de France a organisé une réflexion sur le bien-être animal. Un vrai sujet de société dont il faut tenir compte et sur lequel les agriculteurs doivent mieux communiquer.

« La vision anglo-saxonne du monde s'impose en France, au niveau de l'économie, de l'écologie et du bien-être animal. Et dans cette vision, l'important en terme de bien-être est d'augmenter la somme de bonheur globale de l'univers, de réduire la souffrance globale et donc de prendre en compte le bien-être des animaux », affirme Luc Ferry, philosophe, ancien ministre de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche et président depuis deux ans du Conseil d'analyse de la société.
Le bien-être animal devient ainsi une attente de la société. En témoignent par exemple le succès des oeufs alternatifs ou encore les attentes clairement exprimées et même parfois exigées par certains distributeurs notamment anglais. Pourtant beaucoup est déjà fait en matière de bien-être animal. Déjà présent dans le Code Rural (les mauvais traitements aux animaux sont interdits), il figure dans le traité de Rome en 1958, dans le traité d'Amsterdam en 1999 et a fait l'objet depuis quarante ans de nombreuses directives européennes. Les éleveurs en grande majorité respectent leurs animaux car ils savent que des animaux bien traités le leur rendent bien et améliorent le revenu. La plupart des cahiers des charges intègrent également des notions de bien-être animal. Et de nombreuses structures de production, transformation, les interprofessions travaillent déjà avec des associations de consommateurs et des associations de protection des animaux. Mais le monde agricole communique très mal. « Les consommateurs ignorent ce qui est fait en matière de bien-être animal, constate Louis Orenga, directeur du Centre d'information des viandes. Mais comment le leur faire savoir sans que cela semble être de la publicité ? Comment faire une communication informative ? »

Le succès des oeufs alternatifs ou encore les attentes de certains distributeurs, notamment anglais, témoignent de l'importance du bien-être animal aux yeux de la société. (R. Porcs)

Le succès des oeufs alternatifs ou encore les attentes de certains distributeurs, notamment anglais, témoignent de l'importance du bien-être animal aux yeux de la société. (R. Porcs)

Des efforts à valoriser

La question de la valorisation des efforts faits est également importante. Si le consommateur est prêt à payer un peu plus pour un oeuf plein air, est-il prêt à payer la différence sur des produits plus coûteux comme la viande ? « Le consommateur-citoyen reste un consommateur et recherche aussi le prix », constate Louis Orenga. « Le bien-être animal peut être perçu comme une contrainte ou comme la possibilité d'une meilleure valorisation, estime Jean-Pierre Kiefer, président de l'OABA (Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattage), association de protection des animaux. Les efforts faits doivent être valorisés par la qualité, label rouge, la bio… »
Mais sur les étals et dans les négociations avec les distributeurs, les avancées en matière de bien-être animal sont peu mises en valeur. Enfin, l'alimentation allant vers plus de produits élaborés, il faudrait que les consommateurs aient les mêmes attentes en matière de bien-être animal pour ces produits, afin notamment d'éviter les distorsions de concurrence avec des pays n'ayant pas les mêmes exigences dans ce domaine. Un label « bien-être » serait actuellement à l'étude à la commission européenne. « Mais quoi que l'on en pense, le bien-être animal est aujourd'hui un vrai enjeu », conclut Luc Ferry.

Source Réussir Porcs Octobre 2010

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