Logement des truies : La conduite en groupe ne dégrade pas l'état des truies

Dominique Poilvet

Une étude réalisée par Capig démontre que l'état des truies en gestation n'est pas dégradé par la conduite en groupe. C'est l'état des animaux en sortie de verraterie qui influence le plus leur état corporel.

Selon une étude réalisée pour le GIE Capig par Romain Poyac, un élève ingénieur stagiaire
de l'Isab(1), l'état corporel des truies en groupe ne diffère pas de celles qui sont logées en
cases individuelles. Cette étude a été réalisée dans 40 élevages des groupements
Coopagri Bretagne, Cavac et de l'Union Capig sur la base de mesures des épaisseurs de
lard dorsal (ELD) de 1513 truies. Les valeurs moyennes d'ELD des truies en fin de
gestation sont sensiblement identiques à celles d'une référence constituée de 8 élevages
Coopagri qui gèrent leurs truies en cases individuelles (17,66 mm contre 18,02 mm).
L'homogénéité des troupeaux est également identique dans les deux modes de conduites :
la moyenne des écart-types de l'ELD en fin de gestation est de 4,10 pour les 40 élevages
en groupe, contre 4,50 pour les 8 élevages en bloqué. « L'état des truies conduites en
groupe n'est donc pas dégradé en comparaison avec des truies en cases individuelles »,
soulignait Youenn Le Fur, technicien porc Coopagri Bretagne, qui présentait cette étude au
forum Capig le 27 juin dernier.

L'enquête réalisée par Capig démontre l'importance de la gestion de l'état corporel des truies élevées en groupe. Une remise en état en verraterie apparaît essentielle. (C. Gérard)

L'enquête réalisée par Capig démontre l'importance de la gestion de l'état corporel des truies élevées en groupe. Une remise en état en verraterie apparaît essentielle. (C. Gérard)

Multipares trop maigres en début de gestation

Cette étude détaille également la conduite des multipares de celles des primipares. Elle met
en évidence les problèmes d'hétérogénéité des troupeaux. « Les multipares sont
globalement trop maigres en début de gestation », constate Youenn Le Fur. 45 % ont une
ELD inférieure à 15 mm. En fin de gestation, seulement 40 % d'entre elles sont dans
l'objectif qui se situe entre 15 et 19 mm d'ELD. « Le facteur principal de l'état de maigreur en
fin de gestation semble être l'état des truies en sortie de verraterie », souligne le technicien.
« La remise en état des truies avant la mise en groupe apparaît donc comme un élément
essentiel dans la bonne gestion du troupeau ».
A l'inverse, il juge trop grasses les cochettes en fin de gestation : 42 % d'entre elles ont une
ELD supérieure à 19 mm. Face à ce problème qui risque de pénaliser leur carrière, Youenn
Le Fur souligne l'importance de l'état des cochettes en sortie de verraterie. « Pour limiter
l'engraissement des cochettes en fin de gestation, il est impératif d'adopter une conduite
adaptée en verraterie, voire dès la quarantaine, afin qu'elles sortent pas trop grasses de
verraterie ».



Productivité supérieure à la moyenne

Selon leurs résultats de GTTT, la productivité, et surtout la prolificité des 40 élevages truies
en groupe sont supérieures aux résultats moyens français et bretons. A l'inverse, les
pertes sur nés vifs sont plus importantes, rejoignant en cela des études déjà réalisées par
l'Ifip et les chambres d'agriculture de Bretagne.
La longévité des truies est identique, en groupe comme en stalles bloquées. « Mais elle est
moindre quand les truies sont conduites en groupe dès la verraterie », observe Youenn Le
Fur. « Ces animaux sont réformés plus rapidement à cause de leur état de maigreur plus
important, ou par des bagarres plus fréquentes. Par ailleurs, leur prolificité est également
pénalisée ». Ces résultats sont confirmés par l'analyse des GTTT de 5 élevages passés
récemment en groupe. La prolificité et le comportement en maternité n'évoluent pas. En
revanche, l'étude met en évidence une baisse de longévité des truies. « Sans doute un
problème d'adaptation des truies à la nouvelle conduite, notamment les plus vieilles, sans
lien réel avec la conduite en groupe », analyse Youenn Le Fur. Enfin, l'étude détaille
l'incidence de la conduite en groupe sur les problèmes de boîterie. Elle met en évidence des
différences importantes entre les élevages, différences surtout liées au type de sol, et
indirectement au type de logement. « Un système réfectoire sur paille semble plus
sécurisant qu'un système bat-flanc sur caillebotis intégral », conclut Youenn Le Fur.


(1) Isab : Institut supérieur agricole de Beauvais.

Source Réussir Porcs Septembre 2008

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