Marché du porc à l'étranger : Au Canada, le nouveau programme stabilise la marge individuelle de l'exploitation

Armelle Puybasset

Après le Cadre Stratégique pour l'Agriculture pour 2003-2007, le Canada a instauré en 2008 sa nouvelle politique agricole intitulée « Cultivons l'avenir ». Elle propose différents programmes de gestion des risques, enclenchés selon la gravité de la crise subie par l'exploitant. Le coeur du dispositif, le programme Agri-Stabilité, reprend les principes du programme précédent, le PCSRA(1), mis en place en 2004. Son objectif est de stabiliser la marge brute individuelle de l'exploitation dans son ensemble toutes productions confondues. Il s'agit bien ici des données propres à chaque exploitation et non pas d'une référence collective comme pour l'Asra. Le programme Agri-stabilité repose aussi sur le partage des coûts entre les agriculteurs et les gouvernements. Il n'intervient que lorsque la marge brute de l'année chute de plus de 15 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années (valeurs extrêmes exclues).

Plus les pertes de l'exploitation sont élevées, plus le soutien financier des gouvernements sera important, allant de 70 % à 80 % de la perte, le reste devant être apporté par l'exploitant. Si la marge de l'exploitant est négative, le programme Agri-Stabilité intervient à 60 % sachant qu'un autre programme de gestion des risques prend le relais (Agri-Protection en cours d'élaboration). Pour participer au programme Agri-Stabilité, l'exploitant paie chaque année une contribution de 3,825 CAD (2,56 €) par tranche de 1000 CAD (670 €) de marge de référence et des frais d'administration (55 CAD).

1 $ épargné = 1 $ d'aide

Pour de faibles fluctuations de sa marge (entre 0 et 15 %), l'exploitant peut avoir recours à un autre programme, plus simple à mettre en oeuvre : Agri-Investissement, qui est indépendant du programme Agri-Stabilité. Il s'agit en fait d'un compte d'épargne, qui permet à l'exploitant de faire face à des variations de marges d'ampleur modérée. Chaque dépôt d'un dollar par le producteur est abondé par une contribution équivalente du gouvernement. L'argent déposé sur ce compte peut être utilisé soit pour de la trésorerie pour faire face aux faibles baisses de revenu, soit pour des investissements (amélioration de la rentabilité de l'exploitation, réduction des risques). Pour lancer le programme Agri-Investissement, l'État a débloqué en 2008 quelque 600 millions de dollars canadiens d'aides (toutes productions confondues).

« Le PCSRA était très bien conçu mais les producteurs, obligés d'immobiliser des sommes importantes pour financer leur contribution en cas de perte, ont souhaité des changements. De plus, la gestion des faibles fluctuations, fréquentes, était coûteuse en temps », analyse Christine Roguet, de l'Ifip. « Le nouveau programme a pris en compte les souhaits des producteurs. Outre la stabilisation, ce programme comme l'ancien soutient le revenu par des aides publiques », remarque-t-elle.

(Source : Ifip d'après la Financière du Québec)

(Source : Ifip d'après la Financière du Québec)

 

Exemple

Si la marge de référence est de 100 000 dollars canadiens et que la marge obtenue cette année est de 60 000 $ (soit une baisse de 40 %, cas de figure « catastrophe »), le niveau d'intervention du programme agri-stabilité sera de 80 %. Le programme est enclenché pour permettre à l'exploitant de retrouver un niveau de marge correspondant à 85 % de la marge de référence. Pour remonter à 85 000 $, l'exploitant devra verser 5000 $ et recevra 20 000 $. Les 15 000 $ manquant pour atteindre le niveau de marge de référence de 100 000 $ seront prélevés dans le compte épargne (programme Agri-Investissement).

(1) Programme Canadien de Stabilisation du Revenu Agricole.

Source Réussir Porcs Mars 2008

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