Minnesota : Le virus du SDRP peut parcourir 9 km !

Anna Menez

Lors du congrès annuel des vétérinaires nord-américains du porc à Omaha (Nebraska) du 6 au 10 mars dernier Scott Dee a apporté la preuve que la transmission aérienne du virus du SDRP et Mycoplasma hyopneumoniae dépasse les 9 km et que la filtration de l'air est efficace.

Ce sont les derniers résultats de la dernière année d'un projet de trois ans que le chercheur Scott Dee, professeur à l'Université du Minnesota (USA), a présenté aux 525 vétérinaires qui ont assisté au dernier congrès de l'AASV (1). A la base de ce projet, un bâtiment de 300 porcs charcutiers de 25 à 120 kg, infecté avec des souches connues du virus de SDRP et de Mycoplasma hyopneumoniae, conduit en continu pour maintenir un niveau élevé d'excrétion aérienne, le tout situé dans un désert porcin. Grâce à des prélèvements d'air réalisés régulièrement autour de « la source », Scott Dee a pu recueillir du virus de SDRP et Mycoplasma hyopneumoniae à respectivement 9,1 km et 9,2 km de cette source, preuve de la transmission aérienne de ces deux pathogènes sur de longues distances. Scott Dee a de plus montré que la bactérie Mycoplasma se révélait toujours infectieuse après ce voyage. Aucun prélèvement d'air n'ayant été fait au-delà de cette distance, on ignore si ces pathogènes peuvent circuler encore plus loin.

Module expérimental mis au point par Scott Dee pour un essai qui a duré un an, porté sur 1760 porcs avec 12 000 analyses PCR et un budget de 500 000 $. (Scott Dee)

Module expérimental mis au point par Scott Dee pour un essai qui a duré un an, porté sur 1760 porcs avec 12 000 analyses PCR et un budget de 500 000 $. (Scott Dee)

La filtration est efficace

Autre enseignement de cette étude, la filtration, ça marche ! A 120 m de ce bâtiment hautement contaminé, deux modules contenant des porcs indemnes de ces deux pathogènes sont plus ou moins protégés : un module témoin n'a aucune protection, tandis qu'un autre est équipé de différents filtres en essai. Aucun des pathogènes n'a été trouvé dans l'air des modules protégés, alors qu'ils étaient présents dans 45 % des cas dans les modules non filtrés, qu'il s'agisse de filtres MERV 14 et 16, ou de filtres antimicrobiens. « Nous effectuons actuellement des essais avec des filtres antibactériens âgés de plus de deux ans. » Par ailleurs, il a évalué le coût de l'installation de filtres MERV à toutes les entrées d'air d'élevages naisseur-engraisseurs. Celui-ci varie de 141 à 250 $/truie. « si ce dispositif prévient un épisode de SDRP par an, l'amortissement est fait, dans les conditions américaines ». Une enquête est actuellement en cours pour comparer 10 élevages naisseurs équipés de filtres et 21 élevages non-équipés, tous étant dans des zones de densité porcine et de risque infectieux comparables.
Entre septembre 2008 et mars 2010, il n'y a eu que deux épisodes de SDRP dans les élevages filtrés, qui sont attribuables à des erreurs de transport et de personnel. Alors que dans les élevages non protégés, 19 ont eu des épisodes de SDRP pendant cette période, dont six ont eu deux épisodes différents et un qui en a connu trois ! « La technologie des filtres n'a pas de défaut, quel que soit le filtre évalué », conclut le chercheur.

(1) American Association of Swine Veterinarians

(1) American Association of Swine Veterinarians

Source Réussir Porcs Juillet-Août 2010

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