Mondialisation : La France a des atouts, reste à le faire savoir

Chantal Pape, Terra

Historien de l'économie, Jacques Marseille a fait souffler un vent d'optimisme sur l'assemblée générale de l'UGPVB, le 5 décembre dernier : oui, la France a de nombreux atouts. Dommage que les Français l'ignorent !

« La France est la 6e puissance mondiale », commence par rappeler Jacques Marseille. Et, avec 1 % de la population mondiale, nous réalisons 3 % du PIB. C'est plutôt une bonne nouvelle. « Devant nous, il y a les USA, le Japon, la Chine et l'Allemagne, bien plus peuplés. Et le Royaume-Uni, passé devant nous en 2000. » Et les prévisions à l'horizon 2050 ne sont pas si catastrophiques. « On serait 8e ou 9e, doublés par l'Inde, le Brésil et la Russie. Mais l'Allemagne passerait derrière nous. »

De belles réussites…

Qu'on se le dise : si la France est le 5e pays exportateur mondial, il se retrouve au second rang si l'on ramène ces exportations au nombre d'habitants, juste devancé par l'Allemagne. « Et il faudrait aussi y rajouter le chiffre d'affaires que font les entreprises françaises à partir d'usines implantées directement à l'étranger : il représente 1,5 fois les exportations françaises ! » Et l'historien de l'économie d'affirmer qu'aujourd'hui, « la balance commerciale n'est plus un témoin de la compétitivité ».
Seconde terre d'accueil au monde de foires, congrès et salons, la France est aussi la première destination touristique, avec 82 millions de touristes par an. « Avec un chiffre d'affaires annuel de12 à 13 milliards d'euros, 1,8 million d'emplois et 6 % du PIB, c'est devenu la première activité française, devant l'industrie automobile, que l'on continue à qualifier de fleuron de l'économie. » La France est aussi 3e terre d'accueil des investisseurs étrangers, « malgré la mise en place des 35 heures », souligne, amusé, Jacques Marseille.

…et le moral dans les chaussettes

Alors, malgré ces belles réussites, pourquoi les Français ont-ils le moral dans les chaussettes ? « On nous fait croire que la crise que nous traversons est la pire qu'on n'ait jamais connue. Ce n'est pas fait pour remonter le moral ! » Un pessimisme qui affecte aussi la jeunesse. 40 ans après mai 68, une enquête a été réalisée auprès des 16-29 ans dans le monde. Et, à la question « l'avenir vous semble-t-il prometteur », seuls 26 % des Français répondent oui, contre 60 % des Danois et 54 % des jeunes des USA.

Historien de l'économie et professeur d'université, Jacques Marseille est aussi éditorialiste au Point et chroniqueur à Europe 1 et à Investir Magazine. (DR)

Historien de l'économie et professeur d'université, Jacques Marseille est aussi éditorialiste au Point et chroniqueur à Europe 1 et à Investir Magazine. (DR)

 

La mondialisation, une opportunité

La mondialisation fait peur. Ainsi, seuls 20 % des jeunes français pensent qu'elle peut offrir de nouvelles opportunités, contre 48 % des Polonais et presque autant d'Estoniens. « Pourtant, c'est un marché en devenir pour nos produits et nos services, plaide Jacques Marseille. Tous les ans, il y a de plus en plus de riches en Chine, en Inde, en Russie, au Brésil. Et, aujourd'hui, il y a plus de riches en Chine qu'en France. »
Dans ce marché qui s'ouvre, la France a de nombreux atouts à jouer, au premier rang desquels Jacques Marseille place la démographie, « face à des voisins qui se dépeuplent ». Puis vient la géographie. « Nous avons des routes, des aéroports et une façade maritime ouverte sur le monde. » La France bénéficie aussi d'une excellente image de marque. « Aujourd'hui, c'est la valeur ajoutée qui compte, plus que le produit. Et cette image des produits français peut nous faire gagner jusqu'à un point de croissance, bien plus que ne le feront tous les plans de relance de l'économie. »
Enfin, la France peut compter sur la dynamique de la création d'entreprises. « Non, tous les jeunes ne veulent pas devenir fonctionnaires ! L'an passé, il s'est créé 330 000 entreprises, contre 170 à 190 000 dans les années 90-2000. » Et l'historien de l'économie de conclure, un brin provocateur, « réfléchissez aux opportunités plutôt qu'aux distorsions de concurrence ».

Source Réussir Porcs Février 2009

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