Ne pas confondre diarrhée de sevrage et diarrhée en post-sevrage

Claudine Gérard. Réussir Porcs Octobre 2011

Pour Guy-Pierre Martineau, professeur à l’ENV Toulouse, il faut distinguer les diarrhées qui surviennent dès le sevrage et celles qui apparaissent plus tardivement. Même si les colibacilles impliqués sont les mêmes, les raisons qui les font émerger sont différentes, et les solutions aussi.

«Vous trouverez pratiquement toujours un colibacille sur des porcelets qui ont la diarrhée en post-sevrage. Mais selon le moment d’apparition des symptômes, le processus qui y conduit n’est pas le même, et le colibacille n’est pas le seul responsable », prévient Guy-Pierre Martineau, professeur à l’Ecole vétérinaire de Toulouse, lors du forum Capig. Et plutôt que se demander « comment » faire pour la contrôler, il suggère de se poser la question du « pourquoi » elle survient.
Concernant la diarrhée de sevrage, celle qui apparaît très vite, ce « comment » débute avec l’anorexie qui suit le sevrage. Il rapporte que, en moyenne, un porcelet sur quatre ne consomme pas d’aliment dans les 24 heures qui suivent le sevrage, qu’il soit gros ou petit. Il s’en suit des perturbations du tube digestif au niveau de la perméabilité de la barrière intestinale, des villosités et des cryptes, faisant le lit aux colibacilles. En présence du colibacille F4 (anciennement appelé K 88), la diarrhée colibacillaire apparaît très rapidement, dans les 24 heures qui suivent le sevrage en l’absence d’antibiotiques. Tandis que s’il s’agit du colibacille F 18 (anciennement appelé K 85), le porcelet va souffrir de la maladie de l’œdème qui va survenir 6 à 8 jours plus tard.

La solution passe par l’alimentation

Contrairement à ces pathologies de sevrage, les diarrhées en post-sevrage ne sont pas dues à une anorexie mais à l’inverse, à une trop forte concentration de nutriments fermentescibles dans l’intestin grêle, selon Guy-Pierre Martineau. Conséquence de cet excès, une altération des processus de digestion dans le colon donnant lieu à une diarrhée fonctionnelle et une diarrhée colibacillaire. « Ne cherchez pas un colibacille qui serait spécifique à votre élevage ! Les colibacilles sont bien connus ! », prévient le professeur qui souligne que, compte tenu de leur origine, ces diarrhées en post-sevrage sont avant tout des diarrhées de transition, voire d’excès. Ce qui lui permet de suggérer que la solution à ces problèmes passe plus par l’alimentation que par la maîtrise (antibiotique) du colibacille : choix d’aliments moins concentrés, réglage serré des nourrisseurs, gestion des transitions… Même s’il faut, face à ces problèmes « savoir renoncer à la recherche de la performance maximale ! ».

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