Origine Montagne, un commerce équitable à la française

Propos recueillis par Claudine Gérard - Réussir Porcs Juin 2012

Origine Montagne,  un commerce équitable  à la française
Georges Champeix, président de l’association Porc Montagne. © Texto - APM

La marque Origine Montagne vient d’être lancée par APM. L’objectif est d’apporter des plus-values à tous les maillons de la filière adhérents à la démarche en s’appuyant sur la spécificité des petits élevages d’altitude. Entretien avec Georges Champeix, président de l’association Porc Montagne.

Eleveur dans le Cantal

Georges Champeix est éleveur de porcs au Gaec de Cols, à Juhnac (15). Il est Président de l’association Porc Montagne et président de l’Interprofession porcine Auvergne Limousin.

Qu’y a-t-il derrière le logo Origine Montagne ?

Il y a avant tout la volonté d’apporter de la plus-value à tous les acteurs de la filière de montagne, producteurs, abatteurs, salaisonniers. Nos élevages possèdent en moyenne 100 à 120 truies, nos entreprises ont un réel savoir-faire reconnu. Nous pouvons donc espérer valoriser ces atouts auprès de la distribution et du consommateur.

Comment allez vous aller chercher cette plus-value, et qui en bénéficiera ?

Notre démarche qui a abouti après beaucoup de discussions, à un accord de contractualisation entre producteurs, abatteurs et salaisonniers, ce qui est tout à fait unique. Les entreprises s’engagent à aller chercher la plus-value auprès de la distribution, et ceci sur toutes les pièces, ce qui est aussi remarquable. Une grille a été établie pour chaque pièce de la carcasse, l’objectif étant d’en valoriser 80 à 90 %. En moyenne, cette plus-value représentera environ 30 c/kg de carcasse. Deux tiers seront reversés aux producteurs et un tiers aux abatteurs découpeurs.

Etes-vous autorisé à utiliser le terme « origine » alors qu’il ne s’agit pas d’une IGP au sens officiel ?

La mention origine n’est pas interdite mais on doit pouvoir la justifier afin de ne pas tromper le consommateur. C’est ce que les services de la concurrence vérifient le cas échéant. Concernant les IGP, il n’y a pas de concurrence puisque le terme « montagne » n’est pas une IGP mais une mention valorisante.

Imposez vous un cahier des charges spécifique aux éleveurs ?

Notre démarche est le fruit de cinq années de recherche financées par FranceAgrimer à hauteur de 1 million d’euros par an, ce qui n’est pas rien, et conduites par l’Ifip et l’école d’ingénieur de Lyon l’Isara. Ces études ont porté sur l’appréciation de panels de consommateurs qui ont testé les produits.
Pour autant, il ne nous paraît pas nécessaire d’ajouter encore des contraintes à des producteurs de montagne qui ont déjà un handicap dans leurs coûts de production qui est de 10 c/kg de carcasse, selon les calculs de l’Ifip. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas jugé opportun de nous lancer dans une démarche de type Label. J’ajouterai que la grande majorité de nos producteurs sont déjà engagés dans des démarches de certification conformité produits et que nous pouvons faire de très bons produits avec les moyens de production actuels.

Concrètement, comment allez-vous fonctionner ?

Les entreprises doivent adhérer à l’association Porc de Montagne, donc cotiser, et faire référencer leurs produits par un comité d’agrément composé de différents représentants de la filière, producteurs, spécialistes des tests… L’agrément leur permettra d’apposer le logo Origine Montagne sur ces produits référencés qui se distingueront par une qualité, en particulier organoleptique, validée par des tests en aveugle.

Combien de partenaires avez-vous ainsi fédéré, et quels sont vos objectifs commerciaux ?

Le potentiel total de l’Origine Montagne est de 80 élevages, 700 000 porcs charcutiers, 25 abattoirs et une centaine d’entreprises de salaisons et charcuterie. Dès à présent, une douzaine d’entreprises ont adhéré à la démarche. Notre objectif est ambitieux puisque nous visons 300 000 porcs charcutiers valorisés, et j’insiste, sur la quasi-totalité de la carcasse, d’ici deux ans. Nous verrons si nous tenons cet objectif, car c’est au pied du mur que l’on juge le maçon.

Comment allez-vous faire connaître cette marque auprès de la distribution, et surtout auprès du consommateur ?

Nous allons procéder par étapes. La première s’adressera à la distribution pour laquelle nous avons réalisé des plaquettes, outils de PLV, présentoirs… Nous allons aussi communiquer dans la presse spécialisée. Il faudra bien entendu du temps pour faire connaître et reconnaître la marque. Mais je pense que les produits présentent un réel intérêt pour le consommateur et que, concernant cette démarche, nous pouvons effectivement parler de « commerce équitable à la Française ». 

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