Pathologies porcines : Combattre le SDRP

Claudine Gérard

Toute démarche qui consiste à stabiliser un élevage ou éradiquer le SDRP passe obligatoirement par le respect des règles de biosécurité.

Le virus du SDRP est relativement peu résistant comparé, par exemple, au circovirus. Mais
il est très contagieux, et les voies de contamination sont nombreuses. C'est pourquoi toute démarche qui consiste à stabiliser un élevage ou éradiquer le SDRP passe obligatoirement par le respect des règles de biosécurité. Les spécialistes ont tous dressé leur «check list» des mesures à prendre.

L'UGPVB a décrit des règles de biosécurité externes ou internes à l'élevage, qui ont servi de base à l'évaluation du niveau de biosécurité des élevages dans trois zones différentes.

Le Réseau Cristal, pour sa part, a mis au point un logiciel qui liste les mesures en place dans un élevage, celles qui sont conseillées par le vétérinaire et celles qui sont incontournables avant toute démarche d'assainissement. Si, dans le détail, ces différents outils peuvent différer légèrement, ils se basent toutefois sur plusieurs axes liés à la propagation du virus.

Voies de contamination potentielles d'un élevage par le virus du SDRP. (J. Guillou)

Voies de contamination potentielles d'un élevage par le virus du SDRP. (J. Guillou)

Se protéger contre les contaminations aériennes

Les chercheurs s'accordent sur le fait que le virus se transmet par l'air, même si la distance
que peut parcourir le virus fait débat et si l'impact des conditions météorologiques reste à
préciser. Fatalement, la proximité entre élevages reste un handicap majeur, sachant que la présence d'obstacles naturels, de rideaux d'arbres, etc., peuvent jouer un rôle de protection. Par ailleurs, le recours à des filtres de nouvelle génération est une piste à explorer.

Au sein même d'un élevage, le virus peut évidemment circuler entre les bâtiments selon l'emplacement des entrées d'air et des extractions.

Enfin, l'épandage à proximité des bâtiments avec du lisier est une source reconnue de transmission du virus par aérosol, donc à proscrire.

Gérer la contamination par les animaux

La contamination des porcs entre eux constitue le risque majeur au travers des sécrétions nasales, des déjections, de la semence… Sachant que, après infection d'un animal, la période d'excrétion peut être très longue. Tout mélange entre cases, salles, bandes, constitue donc une source de circulation du virus entre les animaux. La gestion de la quarantaine s'avère tout à fait cruciale, de même que le statut des verrats prélevés qui, s'ils sont positifs, sont à même de contaminer tout le troupeau reproducteur.

Par ailleurs, il est aujourd'hui prouvé que les mouches et moustiques véhiculent le virus et le
transmettent par piqûre aux animaux. D'où la nécessité d'une bonne désinsectisation. En revanche, le rôle des nuisibles et animaux domestiques n'est pas prouvé. Sans doute peuvent-ils être des vecteurs « passifs » de la maladie.

Les visiteurs doivent être sous surveillance !

Tout visiteur est potentiellement un vecteur du virus. Lorsque la visite est indispensable, la douche est quasiment obligatoire, sachant que, pour certains, le lavage soigneux des mains, le port de gants, charlottes… constituent déjà de bonnes précautions.

L'éleveur et les salariés doivent respecter une marche en avant

Idéalement, chaque bloc de l'élevage devrait disposer de tenues spécifiques (cotes, bottes)
afin que le virus ne soit pas propagé de salle en salle. De même, un lavabo à l'entrée de chaque bloc permettrait de débarrasser les mains des virus.

En l'absence de ces mesures, une marche en avant allant des animaux les plus «propres» (cochettes) vers les plus porteurs potentiels du virus (bac d'équarrissage) est indispensable.







Du matériel spécifique à chaque atelier

Une des principales voies de propagation du virus est constituée par des supports «inertes», tels que les matériels de soins… Du matériel propre à chaque bloc de l'élevage est donc recommandé et la désinfection du petit matériel (bistouri…) est indispensable.
Une des sources de contamination majeure est constituée par les aiguilles. Il est donc impératif de changer d'aiguille entre chaque truie, chaque portée de porcelets et chaque case de PS-engraissement.






Éloigner les camions !

Tout véhicule extérieur à l'élevage doit être interdit de circulation au sein de l'élevage. Une
clôture s'avère donc indispensable. L'élevage doit être structuré de telle sorte que les camions
d'équarrissage et d'enlèvement des animaux restent à l'écart des bâtiments. Cela sera possible en éloignant le plus possible le bac d'équarrissage, en aménageant un quai adapté pour les porcs charcutiers…

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de mai 2008. (R. Porcs n°149, p. 20 à 38)

Source Réussir Porcs Mai 2008

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Commentaires 1

Porci Web

c'est toujours la même chose, pourquoi ne pas parler de la contamination par Centre d'Insémination Artificiel, voir mon expérience sur porciweb c.monsite et son blog
De toute évidence, c'est plus facile d'impliquer les verrats prélevés à la ferme, certes la contamination virale du SDRP par la semence est la plus contagieuse, je peux vous le prouver, donc pourquoi les CIA ne seraient pas concerné, je peux le prouvé et pourquoi ces derniers sont-ils aussi protéger, je peux le prouvé !
A bientôt sur mon blog ou @ pour les discrets ...

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