Prévisions Xerfi pour 2009 : Le marché de la charcuterie va stagner

Claudine Gérard

En 2009, la consommation de charcuterie par les ménages français devrait rester stable selon les prévisions de Xerfi. Face à la part croissante des ventes de marques distributeurs, les industriels doivent innover et se structurer.

L'année 2009 se soldera par une stagnation du marché de la charcuterie en France. C'est la conclusion d'une étude menée par le groupe Xerfi, cabinet d'études sur les secteurs et les entreprises et dont le rapport vient d'être publié(1). Plusieurs raisons conduisent à cette prévision. Tout d'abord, le marché de la charcuterie est un marché « de maturité très élevé ». C'est-à-dire que la quasi-totalité des foyers sont déjà acheteurs de charcuterie. Autre raison, la crise. Les experts s'attendent à un arbitrage des ménages entre les produits alimentaires, en allant vers les moins chers. Par ailleurs, on prévoit une baisse de la restauration hors foyer. « Cet environnement perturbé pèsera sur la consommation de charcuterie tant à domicile qu'en restauration », préviennent les auteurs.
Autre tendance annoncée, et amorcée depuis plusieurs années, la part croissante des marques distributeurs : elles atteignent 70 % pour les jambons cuits, 60 % pour les jambons crus et 50 % pour les saucissons secs. Les auteurs de l'étude jugent que cette situation conduit les fabricants à être inventifs pour se différencier.

La production de charcuterie stagne depuis trois ans (Source : Xerfi)

La production de charcuterie stagne depuis trois ans (Source : Xerfi)

Aujourd'hui, ils miseraient sur des produits « nutrition et santé », « créneau d'autant plus porteur sur le marché de la charcuterie que celle-ci pâtit d'une mauvaise image nutritionnelle ». Au menu des linéaires, les produits contenant moins de sel, moins de matière grasse, voire enrichis en oméga 3 sont ainsi proposés pour augmenter la demande globale de produits de charcuterie. Le rapport énumère les initiatives des « grands » du secteur : la gamme Bien-être de Paul Prédault, un jambon sous licence Weight Watchers chez Aoste, une mention « 100 % naturel » chez Herta, des jambons bios chez Fleury Michon…
Autre voie de développement suivie par les industriels, des produits prêts à l'emploi ou plus conviviaux pour l'apéritif, les pique-niques… ou encore un plat de charcuterie comme plat principal (Fleury Michon, gamme la Rôtisserie).

Les achats de charcuterie des ménages vont rester stables (Source : Xerfi)

Les achats de charcuterie des ménages vont rester stables (Source : Xerfi)

 

« De par l'ampleur des moyens qu'elles nécessitent, plus accessibles aux grands groupes, ces politiques d'innovation actives encouragent la poursuite du mouvement de concentration à l'oeuvre dans le secteur », analysent les experts qui citent les dernières opérations connues : fusion de la filiale européenne de Smithfield Foods avec l'espagnol Campofrio, reprise par Delpeyrat de la société Maison Chevalier. Tandis que la vente de Madrange, « d'actualité » depuis des mois n'est toujours pas actée… Et que le secteur français de la charcuterie reste encore très atomisé, avec 350 entreprises pour 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Ce qui conforte la position de force de la grande distribution qui, au travers de ses hypermarchés, super marchés, supérettes et hard discount, représente 90 % des ventes de charcuterie aux ménages.

Le secteur de la charcuterie reste encore atomisé (Source : Xerfi)

Le secteur de la charcuterie reste encore atomisé (Source : Xerfi)

 

(1) Le marché de la charcuterie, analyse de marché, prévisions 2009, forces en présence.

Source Réussir Porcs Juin 2009

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