Production mondiale : Planète porcs horizon 2020

Claudine Gérard

Avec neuf milliards d'individus sur la planète prévus en 2020, la demande en viande porcine va aller croissante. Les principaux bassins porcins actuels convoitent ces débouchés potentiels dont la Chine représente à elle seule la moitié des volumes.

Les experts s'accordent pour prévoir que la population mondiale ira toujours en augmentant et qu'il faudra pouvoir nourrir environ 9 milliards d'individus en 2020. Selon eux, la demande en viande porcine va croître d'environ 20 millions de tonnes par an. Ces calculs se basent sur le rythme de l'évolution démographique, car le porc est apprécié et consommé dans la plupart des pays : de 25 kg par habitant en moyenne au Canada, jusqu'à près de 70 kg par habitant à Hong Kong !
Topigs a consacré son premier congrès, Word Pork Event, à cette prospective porcine 2020 à Berlin, en fin d'année dernière.
De cette réunion d'experts du monde entier, on retiendra d'abord que, même mondialisée, finalement, la production porcine se développe là où est la consommation, c'est-à-dire dans trois principaux bassins : Amérique du Nord, Europe et Asie. En fait, moins de 6 % de la viande porcine mondiale est exportée. Selon Carlos Bruxadé Carbo, professeur à l'Université de Madrid, ce scénario ne changera pas et ces trois grands bassins continueront à être les principaux exportateurs de viande de porc. Toutefois, qui va satisfaire l'augmentation de la consommation de porc ?

La Chine, à elle seule, va représenter la moitié de la demande mondiale, avec une estimation à 52 millions de tonnes consommées en 2020. Elle n'est pas prête à couvrir ses besoins, même si ses dirigeants affichent une volonté de développer la production nationale. Mais elle doit affronter des obstacles majeurs : sanitaires, économiques, écologiques… La Russie aussi, représente un potentiel considérable non pas grâce à la croissance démographique, mais en raison d'une élévation probable du niveau de vie. Et, comme en Chine, la volonté politique d'augmenter son autosuffisance se heurte à bien des problèmes… Les bassins porcins actuels sont donc sur les rangs pour occuper ses marchés. Avec différentes forces et faiblesses. Les USA sont confiants… Howard Hill, directeur des affaires extérieures d'Iowa Select Farms, une firme d'intégration américaine qui produit trois millions de porcs par an, juge que les Etats-Unis sont déjà très compétitifs pour fournir ces marchés, et que, si les diverses taxes à l'importation que des pays comme la Chine ont instauré étaient levées, les USA pourraient facilement fournir cette demande croissante. L'Europe aussi, s'affiche relativement confiante, même si certains experts soulignent la distorsion de concurrence que créent les diverses contraintes, notamment en termes d'environnement et de bien-être. Mais Jan Peter Van Ferneij, économiste à l'Ifip relativise. D'une part, l'Europe, dans son ensemble, est compétitive sur le marché mondial, compte tenu de sa technicité. D'autre part, elle peut prétendre occuper des marchés relativement « haut de gamme » grâce à la qualité de ses produits. Enfin, la plupart des experts jugent que la préoccupation environnementale gagnera progressivement l'ensemble des pays de la planète, y compris les pays émergents comme la Chine ou le Brésil, dans un contexte mondial qui verra croître la compétition entre végétal et animal, mais aussi entre la terre et l'eau.

Les experts prévoient que l'Europe (ici, au Danemark) pourra encore être parmi les trois principaux bassins de production porcine dans le monde. (Ifip)

Les experts prévoient que l'Europe (ici, au Danemark) pourra encore être parmi les trois principaux bassins de production porcine dans le monde. (Ifip)

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de février 2011. (RP n°179, p. 16 à 24)

Source Réussir Porcs Février 2011

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