Prospectives pour 2025 : Les écarts mondiaux de prix d'aliment devraient se réduire

Dominique Poilvet

Selon une étude réalisée par l'Ifip le prix des aliments porcs augmentera plus au Brésil et aux Etats-Unis qu'en Bretagne d'ici 2020.

Dans le contexte actuel de progression de la demande en matières premières et de prix élevés, les écarts de coût matière des aliments porcs entre les USA, le Brésil et la Bretagne devraient se réduire à l'horizon 2020. « Sur la base d'hypothèses de stabilité politique et économique, les prix des matières premières seront supérieurs à ceux de la dernière décennie », souligne Marie-Alix Roussillon, économiste à l'Ifip. Mais la hausse prévue du prix du maïs aux Etats Unis (+ 77 %), tiré par la demande en bioéthanol, serait plus forte que celle du blé en Europe (+ 45 %) entre 2010 et 2020. L'avantage du prix du tourteau de colza produit et utilisé dans l'Union Européenne par rapport au soja, contribuerait aussi à réduire les écarts. L'écart de prix de l'aliment entre les Etats-Unis et la Bretagne (formule Ifip) était de 48 dollars/tonne sur la période 2000-2009 (30 dollars/tonne entre le Brésil et la Bretagne). Sur les bases de l'étude, l'écart États-Unis/Bretagne ne serait plus que de 6 dollars/tonne en 2020, 2 dollars/tonne pour le Brésil.

La libéralisation des marchés des matières premières aura un effet haussier sur les prix mais conduira à une convergence des prix de l'aliment entre Amérique et Europe. (S. Leitenberger)

La libéralisation des marchés des matières premières aura un effet haussier sur les prix mais conduira à une convergence des prix de l'aliment entre Amérique et Europe. (S. Leitenberger)

Évolutions sous conditions

L'Ifip a également envisagé quatre scénarios simulant différentes évolutions de marché.
L'hypothèse de réduction des écarts de coût alimentaire serait confortée par la libéralisation des marchés agricoles, au travers d'un accord à l'OMC qui aurait un effet haussier sur les prix mondiaux des céréales et des tourteaux (scénario 1). Le coût serait même en faveur des Européens si la reprise de la croissance économique permettait un accroissement des investissements et de la recherche-développement dans le secteur agricole européen, avec en particulier l'autorisation des OGM et des farines animales dans l'alimentation (scénario 2). En revanche, le prix des aliments européens serait pénalisé si les préoccupations liées au développement durable et à la santé dominent l'environnement politique et réglementaire, et le comportement des consommateurs : interdiction des OGM, taxe carbone sur les importations… Dans ce cas, le prix de l'aliment en Bretagne serait supérieur de 22 dollars/tonne à celui des Etats-Unis (scénario 3). Enfin, si le Brésil parvient à maîtriser ses problèmes de logistique, permettant un renforcement de la compétitivité de ses matières premières, il deviendrait le bassin le plus compétitif pour le prix de l'aliment. Mais l'UE bénéficierait quand même de la réduction des prix des importations de soja brésilien (scénario 4).

 

 

JRP 2011, p. 235-240

Source Réussir Porcs Mai 2011

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