Protection contre les maladies à virus : Le porcelet doit prendre le colostrum de sa propre mère !

Claudine Gérard

Quinze ans après les recommandations de l'Afssa (les 20 « mesures Madec »), on commence à comprendre pourquoi, dans un contexte de MAP, les adoptions sont à envisager avec précaution.

De tous récents travaux du département d'immunologie viennent en effet de montrer qu'il est important, pour sa protection, que le porcelet nouveau-né boive le colostrum (et le lait ?) de sa propre mère, et pas d'une mère adoptive, pour bénéficier d'une bonne immunité.

On savait que le colostrum était une précieuse source d'anticorps pour le porcelet, et que la vaccination des mères (PCV2, mais aussi d'autres pathogènes comme les coli…) apportait une immunité appelée humorale, au travers des anticorps colostraux, capables de franchir la paroi intestinale du nouveau-né pendant les premières heures de vie, et passer dans la circulation sanguine. Or, les récents travaux conduits et présentés par Anne Goubier, immunologiste Merial, ont démontré que le porcelet pouvait bénéficier aussi d'une autre immunité via le colostrum, appelée immunité cellulaire .

L'immunité cellulaire fournie par le colostrum n'est efficace que si celui-ci provient de la mère biologique du porcelet. (C. Gérard)

L'immunité cellulaire fournie par le colostrum n'est efficace que si celui-ci provient de la mère biologique du porcelet. (C. Gérard)

Cette immunité est constituée par des cellules immunes particulières, qui produisent de l'interféron gamma et qui ont la particularité d'être spécifiques de l'antigène. Elles se trouvent en quantité significative dans le colostrum, franchissent la paroi intestinale du porcelet (pendant combien d'heures, la question reste posée), et vont se répartir dans les ganglions lymphatiques drainant l'intestin, puis dans la circulation sanguine du porcelet, pour autant qu'elles proviennent de la mère biologique de celui-ci. Leur rôle exact n'est pas encore connu mais il semble qu'elles participent à la mise en place de la protection du porcelet vis-à-vis du PCV2. La durée de la persistance des cellules maternelles chez le porcelet n'est pas encore connue. Les recherches menées par Merial ont prouvé que le passage de ces cellules immunes spécifiques du PCV2 chez le porcelet ne se retrouve que chez les truies vaccinées avec Circovac et n'était pas induit par le contact des truies avec le virus sauvage. Ce qui vient d'être prouvé, c'est qu'une immunité cellulaire passive est bien transmise par la vaccination. D'où, encore une fois, l'intérêt d'une bonne prise colostrale du porcelet, prise précoce et en quantité, mais, surtout, du colostrum de sa propre mère !

Source Réussir Porcs Mai 2009

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