Québec : Gestion séparée des premières portées pour lutter contre le mycoplasme

Claudine Gérard

Au cours des dernières Ripp, le vétérinaire québécois François Cardinal a exposé une méthode mise au point dans les grands ateliers multisites afin de contrôler le mycoplasme. Elle consiste à gérer « à part » toutes les truies de rang 1 et leurs issues. Explications.

Le constat du vétérinaire québécois François Cardinal est le suivant : dans le contexte de pneumonie enzootique due au mycoplasme dans sa région de forte densité porcine, les cochettes arrivant dans l'élevage s'infectent et restent contagieuses pour leurs porcelets lors de la première mise bas. L'idée a donc consisté à conduire ces cochettes ainsi que les porcelets qui en sont issus dans des sites spécifiques. Après quoi, les truies n'étant plus excrétrices, elles peuvent intégrer le troupeau de reproducteurs de l'élevage où toutes les truies sont de parité égale ou supérieure à 2. C'est ce qu'il appelle la « ségrégation des parités ».
Avec ce système, il sait que les truies en rang 1 vont donner naissance à des porcelets plus ou moins contaminés par le mycoplasme. Ceux-ci seront donc gérés dans des « pouponnières » (post-sevrages) bien spécifiques. Il sait d'avance que ceux-ci ne vont pas obtenir des performances exceptionnelles et qu'il faudra intervenir régulièrement pour atténuer les conséquences de ce statut sanitaire dégradé.

Les porcelets issus des primipares sont placés dans un post-sevrage spécifique. (C. Gérard)

Les porcelets issus des primipares sont placés dans un post-sevrage spécifique. (C. Gérard)

Un rapport 20/80

En revanche, dès la deuxième gestation, les truies ne sont plus excrétrices et peuvent rejoindre le reste du troupeau de reproducteurs après le 60e jour de gestation. Tout comme leurs descendants qui, normalement, ne nécessitent plus aucun traitement contre le mycoplasme, ni vaccin, ni antibiothérapie. Au final, les porcelets contaminés ne représentent « que » 20 % de l'effectif total et les 80 % restants, indemnes de pneumonie enzootique, affichent un très bon niveau sanitaire et des performances élevées.
« On concentre nos problèmes sur 20 % des animaux », résume le vétérinaire.
Selon lui, l'autre avantage de ce système est qu'il permet plus de spécialisation : main-d'oeuvre, équipement, programmes sanitaires (vaccination…), voire une alimentation spécifique des truies en 1re gestation. L'inconvénient reste toutefois la mise en pratique d'une telle conduite dans des élevages de taille modeste, et l'incapacité à la réaliser dans des élevages qui ne sont pas en multisite. Enfin, l'éleveur qui se voit livrer les porcelets de 1re portée doit savoir à quoi il doit s'attendre…
Si l'expérience n'est pas transposable en l'état dans notre système de production, il peut néanmoins faire réfléchir à une conduite d'élevage tenant compte du statut sanitaire des reproducteurs, de leur contamination, et de la transmission des pathogènes à leurs descendants.

 

Source Réussir Porc Juillet-Août 2010

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