Recrutement : La valeur d'un technicien réside essentiellement dans sa personnalité »

Propos recueillis par Dominique Poilvet

L'Apecita est un interlocuteur privilégié pour tout candidat à un poste de technicien. Entretien avec Nicole Le Hir, déléguée régionale région Bretagne.

Le marché du technicien porc est-il porteur ?

Il l'a toujours été. Nous manquons toujours de candidats de qualité, aptes à satisfaire les besoins des employeurs. Malheureusement, cela ne va pas aller en s'arrangeant. Les jeunes qui sortent des écoles délaissent de plus en plus les métiers techniques, au profit de postes transversaux : marketing, commercial, communication, gestion… La filière porcine est source d'emploi, mais elle dispose de peu de ressources humaines.

Quel est le profil type du technicien porc recherché aujourd'hui ?

Le candidat type dispose d'un diplôme type BTSA, licence pro ou ingénieur. Il a une formation scientifique, essentielle pour assurer un conseil pointu aux éleveurs. Ce profil de formation lui permet aussi d'évoluer plus facilement, afin d'acquérir de nouvelles compétences et suivre les innovations techniques. En parallèle, il doit aussi avoir un vécu en élevage pour « savoir de quoi il parle » face aux éleveurs.
Mais il faut surtout être conscient que l'essentiel de la valeur d'un candidat réside dans l'aspect humain. C'est sa personnalité qui fait la différence, sa capacité à partager les valeurs de l'entreprise, sa force de caractère, sa flexibilité, son adhésion aux projets de l'entreprise. Il arrive qu'un autodidacte sans formation initiale fasse un très bon technicien.

Nicole Le Hir, déléguée régionale Apecita Bretagne. (D. Poilvet)

Nicole Le Hir, déléguée régionale Apecita Bretagne. (D. Poilvet)

 

Le fait d'être fils d'éleveur est-il un plus ?

Ce profil correspond généralement à des gens très compétents techniquement, avec une expérience déjà importante de la production. Ils rassurent les recruteurs qui accordent une importance à l'origine des candidats. Mais il arrive aussi parfois que ces personnes manquent de recul sur leurs métiers. Leur certitude de « tout savoir » les empêche d'évoluer et de s'ouvrir à l'extérieur.

Le terme de « technicien » regroupe plusieurs métiers. Quels sont-ils ?

On distingue quatre profils de techniciens au sens strict : conseil en élevage, génétique, bâtiment-équipement, et environnement. A cela s'ajoutent des métiers plus spécifiques : les spécialistes de l'aliment (formulateurs, conseillers scientifiques…), de la recherche appliquée (Ifip)… De plus en plus d'offres comportent un volet commercial, avec un intéressement sur le développement du chiffre d'affaires ou sur les résultats. Ensuite, beaucoup de postes de technico-commerciaux sont à pourvoir dans les domaines de la génétique, de l'alimentation et des additifs nutritionnels, des matériaux, des produits vétérinaires… Ces postes nécessitent une bonne connaissance de la production.
Quels sont les exigences des employeurs ?
Il existe deux types d'employeurs : d'une part l'ancienne école, composée d'autodidactes. Ils sont pragmatiques, hommes de terrain, privilégient l'expérience et l'origine agricole du candidat. D'autre part, les recruteurs plus « professionnels » qui ont plus d'objectivité. Ils oublient les préjugés, pour se concentrer sur les compétences pures des candidats. Il est dommage que parfois les recruteurs manquent de recul vis-à-vis de la valeur de certains postulants, dont les qualités pourraient être mieux détectées par une approche professionnelle. Certains oublient aussi qu'il est parfois possible de trouver des compétences au sein même de son entreprise.

Combien gagne un technicien et quelles sont les possibilités d'évolution ?

Entre 20 et 25 000 euros bruts annuels en début de carrière. 35 000 euros pour un technicien confirmé. À un moment donné, il est intéressant de faire le point sur sa carrière. La voie d'une VAE (Validation des acquis d'entreprise) est intéressante pour acquérir un diplôme supérieur qui permet d'évoluer. Car en France, même si les compétences personnelles sont importantes pour exercer un métier, les diplômes sont la plupart du temps essentiels pour ceux qui embauchent.

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de juillet-août 2009 : « Technicien, la passion du porc ». (RP n°162 p. 16 à 23).

Source Réussir Porcs Juillet-Août 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires