RIPP 2008* : Vers de nouvelles stratégies de lutte contre le mycoplasme

Claudine Gérard

Au cours des dernières RIPP (1), Philippe Le Coz, vétérinaire Selvet Conseil, a présenté les premiers résultats d'un travail qui vise à proposer de nouvelles stratégies de lutte contre le mycoplasme, prenant en compte sa circulation dans l'élevage.

Le mycoplasme est le germe majeur de la pathologie du porc. La vaccination mycoplasme
s'est largement imposée en élevage. Grâce aux vaccins, nous avons appris à vivre avec le
germe en limitant ses conséquences techniques et économiques », constate Philippe Le
Coz, vétérinaire Selvet Conseil. « Pourtant, il faut aujourd'hui aller plus loin qu'une
vaccination systématique du porcelet », propose-t-il. À cela plusieurs raisons. Certains
échecs parfois rencontrés, qui posent question au vétérinaire. Et la difficulté de répondre
formellement à la question : une ou deux doses, et à quel moment ?
Pour y répondre, Philippe Le Coz suggère de mettre en place une démarche permettant de
mieux comprendre la circulation du mycoplasme dans l'élevage, suivre l'évolution dans le
temps et juger de l'impact des protocoles possibles. Ceci devra permettre au vétérinaire de
mettre en place la prophylaxie la plus adaptée à l'élevage.
Plus concrètement, la démarche se déroulerait en deux parties, un diagnostic suivi de
mesures de la circulation. Le diagnostic est basé sur l'examen clinique des animaux
(essentiellement la toux), l'isolement du mycoplasme (PCR ou IF) sur des lésions à
l'autopsie ou à l'abattoir, et la mise en évidence de séroconversion à partir de prises de
sang espacées de 3 à 4 semaines.
Quant aux mesures de la circulation du virus, elles seront réalisées par sérologie Elisa
(Idexx préféré à Dako suite à des comparaisons faites au laboratoire Bio Chêne Vert).



Elles vont permettre, comme pour le SDRP, de classer les élevages dans l'une de ces
catégories

Profil « truie stable peu actif » : la plupart des porcelets ont le même statut immunitaire, avec
une assez faible pression de contamination sous la mère. Le risque est une circulation
tardive en engraissement. La stratégie serait donc plutôt une vaccination assez tardive des
porcelets, en post-sevrage.

Profil « truie stable actif ou très actif » : le niveau immunitaire est assez homogène et la
pression de contamination est forte. Le choix du moment de la vaccination est difficile : si
elle est précoce, le risque est de retrouver une circulation en fin d'engraissement. Si elles
est tardive, (en PS), le risque est d'avoir des porcelets contaminés sous la mère. Dans ce
cas, un traitement antibiotique sur les truies peut diminuer la pression de contamination des
porcelets et la vaccination tardive de ceux-ci les protégerait jusqu'en fin d'engraissement.

Profils « truie instable » : Les profils des truies sont très hétérogènes, donc instables, d'où
certains échecs après la mise en place de vaccination de porcelets. Le mycoplasme circule
de façon imprévisible du mycoplasme en engraissement. Dans ces conditions, la
vaccination de certains cheptels reproducteurs permettrait d'homogénéiser les statuts des
porcelets et choisir ensuite le moment de vaccination optimal des porcelets.



P. Le Coz, Selvet Conseil « L'évaluation de la circulation du mycoplasme chez les reproducteurs devrait permettre d'expliquer certains échecs des protocoles classiques de vaccination. » (C.Gérard)

P. Le Coz, Selvet Conseil « L'évaluation de la circulation du mycoplasme chez les reproducteurs devrait permettre d'expliquer certains échecs des protocoles classiques de vaccination. » (C.Gérard)

 

Une première étape d'observation

Lors de la présentation de cette démarche, en mars dernier, Philippe Le Coz précisait qu'il se
situait dans une phase d'observation pendant laquelle il récoltait les commémoratifs et les
profils sérologiques de plusieurs élevages. La phase qui suivra consistera à proposer des
approches de prophylaxie plus précises en fonction de ces profils truie : vaccination précoce
ou tardive des porcelets, vaccination des truies en masse ou bande par bande, associée ou
non à une antibiothérapie… et d'en mesurer la pertinence.

 

Vaccination mycoplamse : différentes pratiques en place

Les éleveurs assistant aux dernières Ripp ont été questionnés sur leur pratique vis-à-vis de la
vaccination mycoplasme. Même si l'échantillon présent dans la salle n'est peut-être pas
représentatif de l'élevage français, il reflète toutefois la diversité des protocoles en place.



* RIPP : Rencontres Internationales de Production Porcine, Loudéac (22), 28 mars 2008.

Source Réussir Porcs Juin 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires