Santé : Des alternatives naturelles pour le confort intestinal

Hervé Dumuis

Sans antibiotiques, le porcelet combat seul les microbes aux dépens de ses performances. Les composés anti-inflammatoires agissant directement sur l'animal sont une solution.

Agir sur l'hôte et non plus sur la population microbienne pour combattre les réactions inflammatoires consécutives aux agressions extérieures, telle est l'optique retenue par le professeur Théo Niewold, directeur de recherche à l'université de Louvain en Belgique. Lors de son intervention au séminaire organisé à Rennes par les sociétés Nordos (France) et Phytobiotics (Allemagne), le chercheur a rappelé que « l'inflammation déclenchée par l'organisme des animaux pour combattre les infections peut entraîner des pertes de croissance de l'ordre de 30 % ». Jusqu'à leur interdiction, les antibiotiques facteurs de croissance (AFC) étaient utilisés pour prévenir ces phénomènes. Selon la théorie de Gaskin (2002), ces antibiotiques utilisés à faibles doses (doses sub-thérapeutiques) auraient quatre effets majeurs : l'inhibition des infections sub-cliniques, la baisse du nombre de microbes, la réduction de l'utilisation par ces derniers des nutriments destinés à l'animal et enfin, l'amélioration de l'absorption et de l'utilisation de ces nutriments par le porcelet. Théo Niewold réfute cette théorie. Selon lui, « le mécanisme d'action des AFC est encore mal connu et n'aide pas au développement rationnel d'alternatives cohérentes ».

Le professeur belge se base sur les contradictions apparentes observées lors de l'utilisation des AFC. Selon lui « ces derniers agissent de manière similaire chez différentes espèces alors que leur population microbienne est différente. En outre, ils ont des propriétés chimiques et antimicrobiennes variées. Ceci suggère une cible d'action commune qui serait non plus microbienne, mais relevant de l'hôte, c'est à dire de l'animal lui-même ».

 

Cibler l'hôte

Pour Théo Niewold, « la recherche d'alternatives aux AFC doit se fonder sur une approche scientifique plutôt qu'une approche par produit, qui conduit parfois à sélectionner des alternatives pour le moins surprenantes, comme les lactobacilles ». Cette vision est semble-t-il partagée par Gaskin qui trouve « curieux qu'une classe de micro-organismes dépresseurs de croissance comme Lactobacillus ou Enterococcus sont souvent utilisés comme des probiotiques promoteurs de croissance ». Les recherches menées à l'institut de Louvain ciblent donc l'hôte et notamment, l'inhibition de l'inflammation via une réduction de l'activité des macrophages, à l'origine du déclenchement de la réaction inflammatoire. La voie alimentaire reste privilégiée et certains composants fonctionnels ont été identifiés : les polyphénols-tanins, certains acides aminés comme le tryptophane, les acides gras poly-insaturés et les acides gras volatils. Théo Niewold, milite pour les alternatives naturelles comme les extraits de plantes, notamment « pour bénéficier de leurs propriétés pharmacologiques tout en évitant les contraintes réglementaires liées aux antibiotiques ».

Extraits de plantes

La thèse soutenue par Théo Niewold semble être confirmée par les résultats de recherche de Wondwossen Gebreyes, directeur du laboratoire d'épidémiologie des maladies infectieuses à l'université américaine de l'Ohio. Ce dernier a testé la complémentation alimentaire avec la benzophénanthridine alcaloïde (QBA) extraite de plantes(1) sur des porcelets de cinq semaines d'âge infectés oralement par Salmonella Typhimirium DT 104. Les résultats démontrent une augmentation de la résistance électrique de la muqueuse intestinale (TER) chez les porcelets traités. Plus cette résistance est élevée, plus la fonction de barrière de la muqueuse intestinale vis-à-vis des pathogènes est efficace. Pour le chercheur américain, cette expérience démontre « que la QBA a un effet positif et direct sur l'hôte ».

(1) La benzophénanthridine alcaloïde extraite de plantes (QBA) est présente dans Sangrovit, additif produit par la société allemande Phytobiotics et commercialisé en France par Nordos (groupe Evialis).

Source Réussir Porcs Décembre 2009

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