SDRP : En Pays de la Loire, le plan d'assainissement touche à sa fin

Armelle Puybasset

Grâce à une forte réactivité et à une discipline sanitaire respectée par tous, les Pays de la Loire sont parvenus à faire barrage au SDRP. Les élevages infectés ont été assainis par dépeuplement total ou partiel.

A l'heure actuelle, il ne reste plus que cinq élevages positifs dans les quatre départements
des Pays de la Loire qui se sont investis dans le plan d'action régional SDRP : deux dans le
Maine et Loire et trois en Loire-Atlantique. La Sarthe et la Vendée sont aujourd'hui
indemnes. Depuis la mise en place du Fonds d'assainissement régional FR GDS en 1993,
sur les 2300 élevages que compte la région, 210 ont été détectés positifs et 205 ont été
assainis avec succès. « La réussite de ce plan d'assainissement s'explique en partie par
notre expérience acquise avec l'Aujeszky », explique en préambule Georges Remeau,
président de la section porcine du GDS 49 de 1984 à 2007. « Elle est aussi due à
l'implication quasi-totale des éleveurs et des groupements, à une discipline sanitaire
partagée par tout le monde et à une forte réactivité », poursuit Philippe Blanquefort,
animateur de la Fédération Régionale des GDS de Pays de la Loire pour les porcs.

Endiguer la vague de contamination

Petit retour en arrière : en 1992, le virus se propage en Europe du Nord puis en Bretagne et
arrive aux portes de la région des Pays de la Loire. En fin d'année, le dépistage positif de
cochettes anglaises importées en Maine et Loire alerte la profession. Rapidement, des
analyses sérologiques sont réalisées sur 30 % des cheptels et de façon systématique dans
l'ensemble des élevages sélectionneurs-multiplicateurs afin de s'assurer de l'absence du
virus. Mais les résultats sont sans appel : en mars 1993, 10 des élevages de la région
ayant participé au dépistage sont détectés positifs. Des sites pourtant très dispersés. Une
enquête épidémiologique démarre et met en évidence un lien avec un centre d'insémination
en Mayenne. La profession se mobilise alors autour d'un même objectif : « barrer la route
au SDRP ». Le plan d'action, coordonné par la FR GDS des Pays de la Loire, démarre dès
novembre 1993. Il concerne tous les départements de la région Pays de la Loire à
l'exception de la Mayenne. L'urgence est d'assainir une trentaine d'élevages détectés
positifs et jugés prioritaires : sélectionneur-multiplicateurs, post-sevrages collectifs,
naisseurs… avec abattage du troupeau obligatoire. Pour les élevages naisseur-
engraisseurs, une « procédure d'assainissement progressif raisonné » est définie. Pour
financer les vides sanitaires, un fonds d'assainissement régional est débloqué. Il est
approvisionné par les cotisations GDS des éleveurs.

 

Protocole d'assainissement

Le dépistage du virus, dont la méthode a été validée par l'Afssa de Ploufragan (Cneva à
l'époque), a été progressivement étendu à l'ensemble des élevages de la région. Dès
l'apparition d'un nouveau foyer, une enquête en anneau à trois kilomètres à la ronde est
réalisée systématiquement. Cela a permis de détecter des élevages positifs pour lesquels il
n'y avait pas de signe clinique. « Le nombre de nouveaux cas détectés a commencé à
diminuer à partir de 1998 et c'est en 2004 que nous avons décidé de mettre en place une
politique d'éradication du virus », explique Philippe Blanquefort. « Tout n'était pourtant pas
gagné ! Nous avons dû faire face au scepticisme de certains au départ, considérant que
nous cherchions à arrêter la maladie avec un filet à papillons. » Au début de la vague de
contamination, l'assainissement consistait en un dépeuplement total de l'élevage. Mais cette
méthode était difficilement applicable à tous les élevages naisseur-engraisseurs, car trop
coûteuse.

Un suivi sérologique rapproché a donc été mis en place chaque trimestre dans tous les
élevages infectés. « Il a montré qu'un élevage pouvait devenir séro-négatif, au moins sur
une partie du cheptel (les plus jeunes truies en général), ce que l'on pensait impensable à
l'époque », se rappelle Philippe Blanquefort. Cela a ouvert la voie à une nouvelle technique
d'assainissement partiel. L'idée de départ est qu'un animal excrète le virus pendant au
maximum six mois. Le principe consiste à rentrer des cochettes négatives et à faire un
suivi sérologique. Lorsque le virus ne circule plus, il est alors possible d'éliminer les truies
positives de rang supérieur et d'assainir l'engraissement. Les premiers assainissements
partiels ont commencé fin 1994. Près d'un tiers des élevages infectés ont été assainis de
cette façon.

 

Gestion des animaux en double flux

Pour Georges Remeau, c'est la bonne gestion du transport des animaux qui a sans
conteste été la mesure de biosécurité associée au plan d'assainissement la plus efficace. «
Les groupements se sont tenus à une discipline sanitaire et ont organisé leurs tournées de
ramassage de façon à terminer par les animaux issus d'élevages infectés. » Il insiste
également sur l'importance d'avoir travaillé dans une transparence totale. « Il est primordial
d'être informé rapidement lorsqu'un nouvel élevage est détecté. »
Ce plan d'action régional a également montré son efficacité dans des zones à forte densité
d'élevage. C'est le cas de la commune de Beaupréau dans le Maine et Loire, surnommée la
« petite Bretagne », et qui compte 33 élevages. 18 d'entre eux ont été infectés par le SDRP.
Ils sont aujourd'hui tous assainis. Le coût du Plan Régional pour la FRGDS des Pays de la
Loire s'élève, pour les cinq premières années, à près de 2 millions d'euros soit 0,18 euro
par porc produit. Un coût qui reste relativement limité. « Le nombre d'élevages détectés
positifs sur une même période n'a jamais dépassé 47, soit moins de 2 % du cheptel »,
précise Philippe Blanquefort. « Une de nos chances a été de n'avoir eu qu'une seule
souche de virus dans la région, proche de la souche originelle (Lelystadt) », insiste Philippe
Blanquefort.



Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Porcs de mai 2008 intitulé « Combattre le SDRP ». (R. Porcs n°149 , p.
20 à 38)

Source Réussir Porcs Mai 2008

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