Suivi économique : Faites un point annuel sur vos dépenses de santé ! »

Claudine Gérard

Se basant sur l'étude des dépenses de santé de 100 élevages bretons, Claudie Guyomarc'h constate toujours d'importants écarts, pas toujours justifiés par des problèmes pathologiques. Elle préconise donc de se remettre en cause régulièrement.

L'étude des dépenses de santé qu'à présentée Claudie Guyomarc'h aux dernières Ripp, à
Loudéac, date un peu, puisqu'elle porte sur l'année 2005. On peut d'ailleurs tout à fait
pronostiquer que ces dépenses de santé continuent à diminuer, comme elles le font depuis
1998. Mais on pourra aussi dire, sans trop se tromper, que les écarts restent toujours très
importants entre élevages. En 2005, pour une moyenne de 120 euros par truie présente,
1/4 des élevages affichaient 71 euros/truie et 1/4 163 euros/truie ! Comme l'ont prouvées
toutes les études sur ce sujet, ces dépenses sont indépendantes des performances, de la
taille de l'élevage ou de la zone géographique. On constatera aussi sans doute que la part
du préventif continue à l'emporter sur le curatif, mais que les éleveurs qui affichent les plus
fortes dépenses de santé sont aussi ceux qui dépensent le plus dans ces deux catégories
de produits.
L'explication est connue : le montant des dépenses de santé est essentiellement lié à deux
composantes : le respect des normes de conduite d'élevage tout d'abord ; les élevages à
faibles dépenses de santé respectent généralement mieux les recommandations
zootechniques : places suffisantes, absence de mélanges de bandes de truies ou de tri en
cours de post-sevrage, préchauffage en engraissement… Mais indépendamment de cela,
le facteur humain reste un facteur expliquant une grande partie des écarts constatés entre
ces frais.


Claudie Guyomarc'h, chambre d'agriculture de Bretagne. « Un élevage où le producteur est inquiet, traite plus souvent qu'il ne le faudrait. » (C. Gérard)

Claudie Guyomarc'h, chambre d'agriculture de Bretagne. « Un élevage où le producteur est inquiet, traite plus souvent qu'il ne le faudrait. » (C. Gérard)

Le syndrome du « trop bien faire »

Pour Claudie Guyomarc'h, en dehors des élevages où l'expression de pathologies est
importante deux types d'élevages affichent de fortes dépenses vétérinaires : « Un élevage
où le producteur est inquiet, traite plus souvent qu'il ne le faudrait », bref, comme le répète
souvent Guy-Pierre Martineau, « C'est le syndrome du « trop bien faire ». Et puis il y a une
autre catégorie d'éleveur, celui qui cumule les traitements sans en enlever, « ce qui est
aussi une facette de ce syndrome du trop bien faire », conclut-elle.
D'où sa recommandation de faire un point annuel sur les dépenses de santé. « Cela fait
partie de la bonne gestion de son entreprise. » conseille-t-elle tout en précisant qu'il est
préférable de raisonner les dépenses de santé sur 2 à 3 années consécutives. « Car un
niveau élevé, c'est-à-dire au-delà de 8 €/100 kg, peut être la conséquence de l'apparition
d'une pathologie. » Mais elle prévient : « Pour s'engager dans une réduction des dépenses
de santé, l'éleveur doit être bien dans sa tête, il doit avoir mûri sa décision, surtout dans le
cas où les traitements sont condidérés comme des filets de sécurité. »

Pièces jointes

Source Réussir Porcs Juin 2008

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