Truies en groupe et racleurs en V mobilisent la recherche

Claudine Gérard - Réussir Porcs Février 2013

Truies en groupe et racleurs en V mobilisent la recherche
Une attention particulière doit être portée à l’allotement des truies selon leur état en début de gestation. © C. Gérard

Les spécialistes des chambres d’agriculture de Bretagne ont, comme chaque année, dressé le bilan de leurs travaux conduits en 2012 au cours d’une journée organisée à Crécom le 15 janvier. Parmi les différents thèmes, le bien-être des truies et les émissions d’ammoniac ont été particulièrement étudiés.

Les truies en liberté en maternité testées à Guernevez

Tenus d’engager des travaux de rénovation des maternités de la Station expérimentale de Guernevez, les techniciens de la Chambre d’agriculture de Bretagne vont tester différents matériels de logement des truies allaitantes en liberté, matériels existant dans certains pays du nord de l’Europe, au Danemark en particulier. « Il s’agit d’une préoccupation à moyen terme que nous ne pouvons pas ignorer. Il faut donc d’anticiper une demande qui risque d’émerger », justifie Catherine Calvar.

Résoudre les quelques problèmes qui persistent sur les truies en groupe

L’hétérogénéité des truies et les problèmes d’aplombs sont les deux problèmes qui subsistent, selon Marie Estelle Caille. Elle rapporte qu’il faut donc, pratiquer des ELD et ré-alloter si possible afin d’ajuster tant que possible les rations alimentaires aux truies pour gagner en homogénéité. Les rations doivent bien entendu tenir compte du gabarit des truies, de la température dans les salles, et pourquoi pas du niveau d’activité, selon elle.
Par ailleurs, les problèmes de boiteries observés sur caillebotis à la station de Guernevez se rencontrent aussi largement sur le terrain. Ces boiteries sont plus fréquentes dans les élevages où les sols sont sales et humides. Elles sont moins nombreuses dans les élevages logeant leurs truies sur paille, « à condition
que la litière soit sèche et que les truies ne soient pas sur du fumier ! », prévient-elle. Les températures de consigne, voire le chauffage des salles sont donc des éléments majeurs de la santé des onglons.
La chambre d’agriculture est en voie de finaliser un outil de diagnostic en élevage, et propose un audit aux éleveurs qui souhaitent améliorer ce point critique.

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Les mesures de réduction d’ammoniac réalisées en élevage sont cohérentes avec celles effectuées en station expérimentale. © C. Gérard

Le raclage en V confirme son efficacité pour réduire l’ammoniac

Les mesures réalisées en station comme en élevages de production prouvent que le système de raclage en V est le plus efficace pour réduire les émissions d’ammoniac par rapport au système de référence qu’est le stockage en prefosse. En moyenne, la réduction est de 46 %. À l’inverse, le raclage à plat conduit à des émissions très variables selon les installations, et, selon Solène Lagadec et Aurore Loussouarn, sans doute sous estimées compte tenu de l’endroit de mesure des gaz, pas toujours pertinent (notamment avec une extraction basse).
Elles soulignent l’importance de la fréquence de raclage, notamment en fin d’engraissement, qui doit se situer entre 5 à 12 par jour. Une solution de rénovation
de porcherie avec un raclage en W a été expérimentée avec succès à la station de Guernevez, avec une réduction significative des émissions d’ammoniac et de protoxyde d’azote, et une amélioration des performances des porcs. Le coût de cette rénovation est annoncé entre 115 et 150 € la place et les coûts de fonctionnement (main-d’œuvre…) à 4,23 €/place. Pierre Quideau a pour sa part montré que le lisier frais obtenu après évacuation rapide des déjections possède un bon potentiel de méthanisation : 11 m3 de méthane par porc, « soit l’équivalent de 11 l de fuel », tandis qu’un lisier traditionnellement stocké, qui a perdu de sa matière organique par fermentation dans la fosse, n’a un potentiel que de 5 à 8 m3/porc. Il calcule que le raclage en V et la méthanisation associée divisent les émissions de gaz à effet de serre par 2 à 3.

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