Une étude de l'Ifip : Les co-produits des industries alimentaires présentent un intérêt pour la FAF

Dominique Poilvet

Une étude de l'Ifip : Les co-produits des industries alimentaires présentent un intérêt pour la FAF

Les co-produits issus des industries agro-alimentaires s'avèrent souvent intéressants pour les éleveurs qui fabriquent à la ferme. Une opération rentable pour les deux parties, à condition que l'élevage soit situé à proximité de l'usine.

« La première exigence pour l'utilisation de co-produits d'industrie agro-alimentaire dans l'alimentation des porcs est d'avoir un fournisseur à proximité immédiate de l'élevage, pour des raisons évidentes de logistique et de coût de transport », soulignait en préambule Laurent Alibert, ingénieur Ifip, à l'occasion d'une réunion organisée par l'interprofession Rhône Alpes à Lyon le 25 février dernier. « Ces industries sont situées essentiellement en France sur un arc de cercle qui part de la Normandie, passe par le Nord et redescend par l'Est et Rhone-Alpes. Dans ces régions à faible densité porcine, elles peuvent donc contribuer au maintient d'une production porcine compétitive en abaissant le coût alimentaire ».
Cependant, la quantité de ces co-produits valorisés par les éleveurs de porcs est difficilement chiffrable, notamment à cause de leurs origines multiples, qui peuvent être distingués en trois grandes familles :
-Les industries de conditionnement ou de transformation des céréales : organismes collecteurs (brisures, grains cassés, déchets de semences), meuneries (son, remoulages, farines basses), malteries et amidonneries (corn gluten feed, lait d'amidon), rizeries, semouleries, pâtisseries et boulangeries industrielles qui veulent se débarrasser de leurs débris et invendus.
- Les industries de conditionnement ou de transformation des fruits et légumes : conserveries (pelures, pulpes, tris), féculeries et industries de la pomme de terre (grenaille, purée, chips…),

industries des jus de fruits (pulpes), sucreries (mélasses), distilleries (pulpes de betteraves), zones portuaires (fruits secs d'importation, mûrisseries).
- Les industries de transformation du lait : lactosérum, yaourts, ultrafiltrats, lait concentré, crèmes dessert. « Avant de se lancer dans l'utilisation de ces co-produits, chaque éleveur doit se poser les questions des volumes disponibles et de leur localisation », met en garde Laurent Alibert. Leurs qualités nutritionnelles et bactériologiques sont également essentielles à maîtriser, par des contrôles réguliers. Les valeurs nutritionnelles moyennes peuvent cacher des écarts parfois importants d'une livraison à l'autre, ce qui peut porter préjudice aux performances techniques des animaux.
Des équipements spécifiques peuvent être nécessaires pour leur réception (stockage) et leur utilisation en élevage (distribution). L'augmentation du temps de travail (ramassage, tri) doit aussi être prise en compte dans le calcul du prix du produit. Enfin, les aspects réglementaires d'utilisation ne doivent pas être négligés. « Par exemple, tous les déchets qui contiennent des produits animaux, charcuterie ou viande, sont interdits ! », constate Laurent Alibert.
L'ingénieur met également en garde sur les conséquences techniques de leur utilisation. L'irrégularité des approvisionnements ou la méconnaissance de leurs qualités nutritionnelles peuvent conduire à une baisse des performances techniques, voire à des mortalités.

Les co-produits des industries agro-alimentaires peuvent abaisser sensiblement le coût de l'aliment mais des précautions doivent être prises pour bien maîtriser leur utilisation. (D. Poilvet)

Les co-produits des industries agro-alimentaires peuvent abaisser sensiblement le coût de l'aliment mais des précautions doivent être prises pour bien maîtriser leur utilisation. (D. Poilvet)

 

Pas plus de 80 €/tonne

Les éleveurs utilisateurs de co-produits tiennent compte de ces contraintes pour calculer le prix d'intérêt. « Un produit issu des industries céréalières, dont les valeurs nutritionnelles se rapprochent d'une céréale ne devra pas coûter plus de 80 €/tonne », estime Pascal Alabuvette, éleveur de porcs près de Lyon et président d'Airfaf Sud-Est. « A ce prix, l'opération est rentable si le prix des céréales est de 150 €/tonne. Mais à 100 €/tonne, il faut se poser des questions sur l'opportunité de ces approvisionnements », conclut-il.

Les co-produits utilisables pour l'alimentation animale sont disponibles essentiellement dans le Nord et l'Est.

Les co-produits utilisables pour l'alimentation animale sont disponibles essentiellement dans le Nord et l'Est.

 

 

Source Réussir Porcs Juillet-Août 2009

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