Une étude du CER France Finistère : La cohérence de l'exploitation fait les bons comptes

Dominique Poilvet

Le CER du Finistère a mis en évidence les critères qui expliquent les différences de coût de revient, indice de consommation en tête.

Sur la période juillet 2008-juin 2009, le coût de revient moyen(1) des élevages naisseurs-engraisseurs finistériens a été de 1,508 €/kg net produit(2). Mais derrière cette moyenne se cachent des écarts importants : les 25 % meilleurs ont produit à un coût de 1,391 €/kg, contre 1,614 €/kg pour les 25 % moins bons. Soit une différence de 22 c/kg.
Plus en détail, c'est le coût alimentaire qui, avec 9,8 centimes/kg net, est le critère qui pèse le plus lourd dans l'explication de cet écart. « On constate notamment une différence importante d'indice de consommation de 0,19 point », précise Véronique Kerlidou, ingénieur d'études au CER France. « En revanche, les prix d'aliment moyens de ces deux groupes ne sont pas très éloignés. Ceux qui obtiennent un bon coût de revient ont payé leur aliment 231,10 €/t, contre 236,8 €/t pour les moins bons. »

En plus du coût alimentaire qui détermine en grande partie le coût de revient, le CER du  Finistère fait ressortir des critères discriminants qui traduisent l'autonomie des exploitations. (D. Poilvet)

En plus du coût alimentaire qui détermine en grande partie le coût de revient, le CER du Finistère fait ressortir des critères discriminants qui traduisent l'autonomie des exploitations. (D. Poilvet)

Mais la technicité des éleveurs et le coût alimentaire ne font pas tout. Le CER France a dégagé un ensemble de critères discriminants qui traduisent l'autonomie de l'exploitation sous toutes ses formes : façonnage, traitement du lisier, fabrication de l'aliment… Les éleveurs qui travaillent à un prix de revient élevé engraissent 33 % de leurs porcs à l'extérieur, contre 13 % seulement pour les coûts de revient les plus faibles. « Ce critère explique les 3,1 centimes/kg d'écart entre les deux groupes », indique Véronique Kerlidou. Le coût du traitement du lisier explique lui aussi 1,2 centime d'écart de coût. « Le lien au sol et l'engraissement à façon sont devenus plus discriminants qu'il y a quelques années. » Les critères financiers (amortissement, frais financiers) ainsi que la main-d'oeuvre rentrent également en ligne de compte, mais de manière moins prononcée. « La technique reste un élément majeur dans la rentabilité des élevages », résume Véronique Kerlidou. « Mais attention, elle ne suffit pas toujours pour se positionner parmi les meilleurs. De manière générale, c'est un ensemble de facteurs qui permet d'aboutir à la maîtrise des coûts. Chaque système peut être rentable, à condition d'être optimisé. »

 

« 2010 sera une année cruciale »

Sur le deuxième semestre, le coût de revient s'est tassé, sous l'effet notamment de la baisse du prix des aliments. « 2009 devrait être globalement équilibrée », estime Véronique Kerlidou. Mais un bilan global équilibré signifie que la moitié des élevages du département commence à se refaire financièrement, alors que l'autre moitié continue de dégrader des critères déjà dans le rouge. « 2010 sera une année cruciale dans la rentabilité des élevages de porcs », conclut-elle.

 

 

(1) Le coût de revient calculé par les centres de gestion est égal au coût de production (ensemble des charges opérationnelles et des charges de structure) auquel s'ajoute la rémunération de la main-d'oeuvre familiale et des capitaux propres.
(2) Étude réalisée par le CER France Finistère sur la période juillet 2008-juin 2009 sur une base de 280 naisseurs-engraisseurs spécialisés.

Source Réussir Porcs Janvier 2010

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