Vers l’autonomie alimentaire avec le maïs humide

Dominique Poilvet - Réussir Porcs Juin 2011

Vers l’autonomie alimentaire avec le maïs humide
© D. Poilvet

Face aux fluctuations du prix des aliments, de plus en plus d’éleveurs se tournent vers le stockage des céréales à la ferme. Le maïs humide, utilisé avec des complémentaires, s’avère la voie la plus simple à mettre en œuvre.

Pour en savoir plus

Vers l’autonomie alimentaire avec le maïs humide

Voir dossier Réussir Porcs de juin 2012. RP n°194, p.14 à 23.

Solution intermédiaire entre une fabrique d’aliment intégrale et l’aliment du commerce, le stockage du maïs à la ferme intéresse de plus en plus d’éleveurs, déconcertés par les fortes variations du prix des aliments. Une alternative qui doit cependant être rigoureusement réfléchie, en évaluant dans un premier temps ses disponibilités (achat ou autoproduction ?), en calculant ensuite le coût du stockage, et en comparant enfin le prix de revient final de l’aliment reconstitué avec un aliment complet équivalent.
Car aussi bien techniquement qu’économiquement, l’utilisation du maïs humide ne s’improvise pas. La mise en silo doit être irréprochable pour ne pas avoir à subir toute l’année un produit de mauvaise qualité. Mal utilisé ou mal conservé, le maïs introduit dans la ration des porcs peut dégrader les performances. L’éleveur doit disposer de la trésorerie nécessaire pour financer le stock. Il faut aussi, pour certaines techniques de stockage, disposer quotidiennement de temps pour la reprise.
Cependant, selon Eric Royer de l’Ifip, le modèle économique basé sur le maïs grain humide a montré son intérêt dans toutes les régions françaises. Sur un plan économique tout d’abord. « Quatre années sur cinq, les éleveurs ont un intérêt à stocker leurs céréales à la récolte », estime Marianne Cornec, responsable nutrition animale Aveltis. « Le stockage du maïs sous forme humide permet d’économiser les frais de séchage, ce qui couvre largement l’amortissement du matériel de stockage et de distribution », ajoute-t-elle.
Sur le plan technique, Eric Royer mentionne des essais qui prouvent une légère amélioration de l’indice de consommation, en comparaison avec du maïs sec. « Sa valeur énergétique élevée en fait une excellente matière première pour les porcs charcutiers, et son acidité naturelle aide à la maîtrise des troubles digestifs », complète Marianne Cornec. Des essais montrent aussi que le maïs humide peut être incorporé dans des aliments de lactation, voire même de gestation. La station des Trinottières dans les Pays de Loire l’utilise avec succès en substitution aux aliments préstarter sous la mère.

Des modes de stockage adaptés à tous les d’élevage

Selon les moyens financiers, la disponibilité en main-d’œuvre, et le tonnage de maïs disponible, chaque éleveur pourra trouver le mode de stockage qui lui convient. Les silos tours en acier vitrifié ont pour avantage de permettre une automatisation poussée des tâches à la récolte et à la reprise. Leur technique de conservation par inertage (production de gaz carbonique) du grain entier est fiable. Ils sont cependant destinés à des quantités de maïs importantes, nécessaires pour amortir plus facilement l’installation et les équipements annexes (fosse de réception, élévateurs…). Les silos couloirs peuvent être autoconstruits, ce qui en fait le mode de stockage le plus utilisé dans les élevages de petites et moyennes dimensions. Il faut cependant être très soigneux à la réalisation du tas, pour éviter que l’air ne s’introduise et n’altère la qualité du maïs. Enfin, très utilisé en production bovine mais relativement confidentiel en porc, le stockage du maïs en boudins a pour avantage de nécessiter très peu d’investissement initial. Le matériel nécessaire à la réalisation des boudins et la reprise du maïs est désormais au point. Le coût de la réalisation des boudins est cependant assez élevé, et il faut être bien organisé à la récolte pour fournir l’entreprise qui fait le chantier.
Le mode de conservation du maïs peut évoluer en fonction des quantités de maïs stocké. Les boudins peuvent constituer une solution temporaire le temps d’évaluer l’intérêt du maïs dans l’alimentation. Mais quelle que soit la technique utilisée, tous les éleveurs qui témoignent dans ce dossier ne regrettent pas leur choix.     

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